Journal de voyage
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Nº 1 Quand le vent du large arrive!!!
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J'ai refais tous les calculs, notre projet est irréalisable, il ne nous reste plus qu'une chose a faire, le " réaliser ". LATECOERE
Il est 20 H et nous venons de passer l'écluse François 1er, Nous laissons le Havre derrière nous. Pour nous, le vrai voyage commence.
Nous avons réussi à terminer les préparatifs et à " faire rentrer " dans El Pitchi 3, ( nom de notre camping car, il faudra vous familiariser avec ce nom ), linge, pas moins de 15 gros sacs en plastique, jouets, chaussures, matériel médical, scolaire, ( cahiers, crayons, gommes, taille crayons ) que nous emmenons pour donner au cours de nos rencontres.
Nous remercions toutes les personnes qui d'une manière ou d'une autre nous ont aidé pour ce voyage.
A négocier le départ, congé sabbatique; à régler assurances voitures, maison EDF, téléphone, mutuelle, impôts, factures; à courir entre le passage aux mines et à l'Utac pour le Camping car. Le constructeur pour nous aider, nous " a mis " 2 mois de retard pour la livraison. Cela n'avait pas l'air de le déranger, il a cependant pris l'argent, mais sans les 2 mois de retard. Il a fallu aussi terminer le site, les formats, les jpeg, les liens, MP3, Ipod, et tutti quanti, une liste à la Prévert.
Enfin dire au revoir à notre famille, aux amis, cela a duré plus de 2 mois, repas sur repas un peu trop pour la santé mais de très très bons moments teintés de grands éclats de rire ou bien d'un peu de nostalgie.
Le géant est là devant nous, 224 m de long et 36 de large, 45 de haut. Grande Amburgo, c'est le nom du bateau cargo à quai. Nous avons embarqué ce jour sans aucun problème, samedi 01 octobre 2004 à 16 h.
Nous faisons le tour du propriétaire, après avoir trouvé notre cabine, dans le labyrinthe des couloirs, j'en connais qui vont se perdre, suivez mon regard.
Nous sommes 8 passagers, dont 6 Allemands. C'est l'invasion. 4 d'entre eux partent pour l'Amérique du sud en camping car. 1 autre, jeune retraité de 41 ans, aussi, part pour 1 ou 2 ans en voyage avec sa femme et sa fille, à bord d'un super Ivéco équipé en camping car. 11 tonnes, 10 batteries de 240 ampères, 1000 litres d'eau, 600 litres de gasoil pour une autonomie de 2400 km, clim, machine à laver, friteuse, sèche cheveux, etc.
La dernière personne part pour se retrouver elle-même. 27 Jours de bateau, 3 jours à Buenos aires et retour en Allemagne en avion. Des vacances un peu particulières.
L'équipage composé de 26 personnes est vraiment cosmopolite. Hindous, roumains, lettons ( Le Letton n'est pas cher, en plus il est nickel et il a une santé de fer), italiens. C'est ça l'Europe. Je sais, je suis en avance pour l'Inde.
Les Roumains et les Hindous sont très affables et polis. Les Italiens des têtes à perdre à la dernière minute en championnat d'Europe de Foot Ball. Pas sympas du tout. Nous les avons connus plus volubiles sur les autres cargos. Là ils se prennent pour des dieux, des petits dieux, surtout le capitaine.
Pour le capitaine que nous avons surnommé Napoléon, l'important c'est le fret. Nous il nous ignore et je pense que nous sommes là juste pour payer la " bouffe " des officiers. Aucune organisation pour les 8 passagers sur le bateau et idem lors des arrêts aux ports.
Nous savons qu'ils sont en mer dés le matin, mais il faut discuter ferme avec le 1er et le capitaine pour qu'ils réalisent que nous sommes là, bien que nous soyons conscients que ce voyage n'est pas une croisière.
De même que le comportement des marins Italiens envers le personnel étranger est vraiment déplorable. Le mépris est si grand qu'il est presque palpable. Je pense que l'attitude coloniale n'est pas révolue.
Journée type, rythmée par les repas. 7h 30 petit déjeuner, 12 h Déjeuner, 18 h Dîner
Promenade sur le pont, lecture, ordinateur, film DVD, salle de sport, visite des machines du monstre, long passage dans la salle de pilotage avec les explications sur la subtilité de la navigation. Discussion multi langues à notre table, avec la gestuelle du mime Marceau, ce qui donne :
L' équipage Bon giorno,
Les autres Good morning
Nous Bonjour, bonjour
Les Allemands de la table de 4 Guten tag
Les 2 autres Good morning
Nous Vous avez bien dormi
Les Allemands Ja, Good
Nous do you have children
Thilo ( Allemand ) Ja but no aqui
Marcus ( Allemand ) Ya, Good
Nous Vous en avez combien de Children
Thilo uno kind y deuxième( en allemand dans le texte ) et faisant le geste du ventre arrondi, nous comprenons que sa femme est enceinte, et and you
Marcus Ja, Good,
Nous ( surtout Joce ) Twoo, the first il a 31 ans et le deuxième Twenty six
Marcus Ja, Good
Thilo mon fille tiéné fier ans y take the plane for Buenos aires avec mon frau
and ou allez vous after BAires
Nous ( surtout Joce ) The South de La Patagonia et vous
Thilo direction Brasil and you
Marcus Ja, Good, danke, sourires et hochements de tête
Voila un aperçu des conversations à table et sur le pont. C'est très exagéré car Thilo parle assez bien le français, mais cela y ressemble beaucoup. Thilo est un compagnon de voyage fort charmant et agréable.
Et encore je ne vous parle pas des conversations avec les serveurs, un roumain et l'autre hindou, quant au chef cuisinier, il parle espagnol et là pas de problème.
Pour l'anglais entre les hindous, les italiens, les roumains, les allemands et nous, Hanah ( ma prof d'anglais qui a essayé de m'enseigner l'anglais en vain, 20 n'étant pas l'année de l'enseignement mais simplement un adjectif ), elle s'arracherait los Hairs.
La vie à bord et aussi rythmée par les arrivées dans les ports que l'on touche.
Après le Havre, ce seront, Bilbao, Casablanca, Dakar, Conakry
( Gambie ), Freetown, ( Sierra Leone ), Salvador (Brésil ), Victoria, Rio, Santos, Zarate et enfin Buenos Aires en Argentine.
L'entrée dans le port de Victoria, avec son long chenal nous donne un avant goût de la baie de Rio en plus concentré. Immeubles modernes, aménagements récréatifs, se fondent harmonieusement avec le relief montagneux.
Entourée de montagnes où se détachent le Corcovado et le Pain de Sucre, la baie de Rio reste pour nous un grand moment, lors de l'entrée dans la baie, tout comme il y a 32 ans lors de notre première découverte de l'Amérique du sud.
La remontée du Rio Parana jusqu'au port de Zarate est vraiment une après midi agreste de tranquillité sous le soleil printanier de cette fin d'octobre. L'œil habitué au bleu de l'océan redécouvre le vert des arbres plus fort qu'il n'est en réalité.
C'est toujours un moment extraordinaire d'assister aux manœuvres pour la mise à quai de ce monstre. Ensuite il y a les petits trafiques, cigarettes, bières et bakchich, plus ou moins important, suivant si c'est un officier ou un marin. Les flics et les douaniers étant de mèche.
Il y a aussi le moment des départs, lorsque les marins remontent la passerelle de plus de 30 tonnes. Ils regardent si des clandestins ne se seraient pas cachés dans les parties mécaniques du système pour échapper à la pauvreté et à la faim, de la Gambie ou de la Sierra Léone. Hier soir, il y avait 2 énergumènes avec des machettes qui voulaient monter à bord du bateau.
Chaque jour, il ne se passe pas grand chose, peu de poissons volants ou de dauphins venant s'amuser le long de la coque. A la hauteur de Vitoria, au Brésil, nous avons aperçu des baleines. Le jet d'eau de leur respiration étant très différent de la crête des vagues. Nous observons aux jumelles, un jeune qui joue avec sa mère. Une seule baleine et son petit sont passés très prés du cargo.
Le soleil se couche sur les terres et la distraction se termine avec la nuit. Parfois nous restons à contempler l'océan pendant des heures, mais au bout d'un moment l'eau c'est ennuyeux. Cherchez un peu, bon c'est la dernière fois que je vous explique un jeu de mot. L'océan et " l'eau c'est en" -nuyeux. Bon je sais mais il faut passer le temps sur un bateau. Le flux et le reflux ne me font plus " marrer ".
Un conseil pour un voyage comme celui-ci de 27 jours, il faut emmener beaucoup de bouquins, des jeux, des DVD, etc….. et beaucoup de patience. Cela permet d'écrire, de retrouver le goût de lecture et aussi de se retourner sur soi même pour voir le chemin parcouru.
Les rêves que nous avons en en soi sont une source d'énergie qui nous permettent de puiser la force d'entreprendre ou de lutter.
Qu'importe la chimère, seule sa poursuite en vaut la peine. Si l'aventure en général, ne concerne plus les " vieux ", je pense que beaucoup d'entre eux sont devenus avec le progrès et le confort, incapables de croire en ces chimères, ces mirages de l'esprit.
00° 00.027 S – 022° 40.019 O - Cap 225 ° SO – Vitesse 20 N / h
Il est 11h33 Pm, heure locale, 3h33 en France. Nous venons de passer pour la 6 ème fois l'équateur en bateau et pour la 17 ème fois de tous nos voyages.
Pour ma part, j'ai décidé de passer l'équateur en pédalant, bien sur pas sur l'eau mais dans la salle de sport. Une idée comme une autre.
Le problème pourrait être le suivant : Moi je pédale à 25 Km/H, le bateau avance à 35 Km/H, la terre, elle, elle tourne au niveau de l'équateur à 1674 Km/h. Sachant qu'il nous reste 2248 Km avant d'arriver sur le continent Sud Américain, à Salvador de Bahia, La question est la suivante :
Dans combien de temps allons nous toucher le Brésil ? Réponse dans le prochain N°
Ce soir, au beau milieu de l'océan, avec le matériel de Thilo, nous avons envoyé des mails par satellite. C'est beau le progrès.
24 octobre, plus que 4 jours de navigation pour toucher Buenos aires, Les visites de Rio et de Santos ont été des coupures agréables dans la vie monotone de notre navigation.
A Santos prés de 3000 voitures de marque allemande, Italienne et française sont embarquées à bord du Grand Amburgo. La mondialisation est en marche depuis longtemps.
En plus de décentraliser les usines vers les pays où la main d'œuvre est moins chère, les compagnies de transport vont chercher le personnel dans les pays comme les Philippines, la Roumanie ou l'Inde et les payent 700 € par mois. Il est vrai que comparé aux salaires de ces pays c'est une fortune qu'ils gagnent.
28 octobre, nous arrivons dans le port de Buenos Aires, il 19h.
Je termine d'écrire le premier journal car le capitaine vient de dire qu'il allait jeter l'ancre" ………………
Nos vemos mas tarde
La pensée du Jour pour un marin :
"Un homme à la mer et une jeune fille au pair"
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Nº 2 Premier tango à Buenos Aires
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Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher
de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux".
Marcel Proust
Aventure : du Latin adventura, choses qui doivent arriver, évènement imprévu surprenant, entreprise qui comporte des risques.
Pour nous se sera un peu des trois et nous le savons. Nous sommes très philosophes.
Aux personnes qui nous disent : mais c'est dangereux ce que vous allez faire, je leur réplique, que la haut, en montrant le ciel, il y a un grand livre. Tous les jours, Dieu ou un autre regarde à la ligne " Porret " et il décide qu'aujourd'hui, ce n'est pas le jour où nous devons le rejoindre.
Nous sommes les marionnettes d'un grand théâtre, comme guignol. Lorsque les ficelles qui les manipulent se cassent, la marionnette tombe et il reste un tas de chiffon. Nous verrons bien si les nôtres tiennent!!!!!!!!!!!!
In Salah et mucha suerte pour la suite.
Buenos Aires, enfin la terre ferme. Le Grand Amburgo est à quai depuis 3h du matin, il fait son énième acconage dans un va et vient infernal.
9h du matin la douane du port nous salue, C'est l'Argentine et la première étape d'un long périple.
Il y a un an lorsque nous préparions le voyage, de nous trouver là, sur le port de Buenos Aires, cela nous aurait comblé de joie. Aujourd'hui devant la réalisation de ce rêve et face à l'aventure qui commence, nous devons vivre complètement notre histoire et réapprendre l'autonomie complète.
Après les formalités de passage en douane, la sortie du port s'est fait en 5 mn, grâce à une personne de la douane compétente et en plus sympa.
A Buenos Aires ce n'est pas vraiment le dépaysement, mais plutôt le sentiment d'être dans un patchwork européen. De plus, nous, nous avons vécu pendant 2 mois dans cette capitale, en 1972.
C'est un peu de l'Espagne que l'on retrouve autour de la place de Mayo et de la Casa Rosada, de la France vers Recoleta, le quartier chic, de l'Italie vers La Boca, de l'Angleterre vers la gare de Retiro avec la tour de Londres.
Nous prenons la direction du Yacht Club pour stationner pour notre première nuit. 5 km en terre argentine et nous stoppons devant l'entrée. Palabre avec la police pour stationner. Après quelques minutes pour comprendre qu'ils fumaient des malboro, la place est libre. En plus ils nous surveilleront El Pitchi.
Après ces tractations, nous sommes bien en Amérique du Sud. C'est alors que nous remarquons la multitude de taxis noirs et jaunes et des bus des années 60 parfois un peu délabrés.
Pour encore 3 jours l'autonomie n'est pas encore complète, nous avons gardé Marcello, le chauffeur de Grimaldi Argentine comme guide. Nous profitons de faire les visites complètes des quartiers sans le souci de garer le camping car et de discuter une heure avec les flics pour la propina
( pourboire ).
La première journée est dédiée à la rue piétonne la plus connue de BA, la calle Florida. La rue n'a rien à envier à nos rues commerçantes. On trouve de tout, même ce que l'on ne cherche pas. Dans cette rue où se mélangent la richesse et la pauvreté, il y a mille manières de gagner sa vie. chanteurs de rue, faire la statue, magiciens, jongleurs, danseurs de tango. Les " petits vieux " qui n'ont pas la chance d'avoir une retraite, vendent des briquets, des épingles et des bibelots de pacotille pour survivre.
San Telmo capitale du tango et des antiquaires, montre deux mondes. La Soirée ( repas compris ) dans un cabaret est à 45 € pour richissimes, sachant qu'un salaire moyen en argentine est de 190 €. Ils nous prennent pour des américains!! Nous trouvons un compromis pour la soirée ( seule ) à 18 €. Le premier tango nous met tout de suite dans l'ambiance argentine, avec les classiques de " Caminito" en passant par " A media luz ". Le petit toulousain, pape du tango, Carlos Gardel ( son vrai nom Charles Romuald Gardes ) n'est pas tout à fait mort.
Retour au Camion. La police est là. Nous leur donnons le prix du parking, un paquet de Malboro chacun. Pour 2 € le Camping car est stationné et gardé. Cela ne fait pas cher de l'heure.
Deuxième jour, visite du jardin japonais sous une petite pluie. Du cimetière de Récoletta, où sont enterrées toutes les grandes personnalités de l'histoire de l'Argentine. Du président Sarmiento fervent partisan de l'éducation populaire, Carlos Gardel et sa cigarette constamment allumée entre ses doigts et bien sur Evita Duarte Peron qui 50 ans après sa mort donne encore aux " déscamisados " ( les sans chemises ) l'illusion de l'incarnation de leurs rêves. Le cabaret mène à tout, il suffit d'en sortir.
Retour à notre " hôtel ". Le camping car est sous bonne garde. Le mot est passé entre les tours de garde de la gendarmerie. Ce soir le parking coûte un sandwich à un 1 €.
Nous avons vu cette nuit les " cartoneros " ramassant les cartons pour les vendre et se faire un petit peu d'argent. Nous pensons que l'Argentine est tombée bien bas. Il faut faire mille petits métiers et être inventifs pour vivre et même pour survivre.
Il y a ce métier, qui est propre à Buenos Aires, promeneur de chiens. Des personnes promènent les chiens des gens aisés; ainsi, nous pouvons voir aux abords des quartiers chics, des jeunes gens avec une dizaine de chiens en laisse, se promener dans les parcs. Si vous voulez avoir de la chance dans la vie, allez vous promener dans les parcs, et rentrez du pied gauche. Il paraît que cela porte-bonheur.
Ce matin, Marcello nous emmène dans un " locutorio " centre d'appel téléphonique et Internet pour envoyer nos mails et le journal du site. De ces " locutorios " il en fleurit à chaque coin de rue même dans les petites villes. Le coût est peu cher.
Nous prenons le camping car et nous partons à la Boca. Quartier bien différent des autres, qui se situe à l'emplacement de la première ville de BA où sont arrivés les premiers Italiens et Espagnols. Aujourd'hui c'est le contraire, les descendants d'Italiens, d'Espagnols ou bien de Français font la queue devant les ambassades pour revenir travailler en europe. Ont le droit de revenir sur le vieux continent, les descendants de ces colons qui ont au minimum 2 générations.
Quartier que nous avons visité plusieurs fois. Et là, Je crois que cela atteint le maximum du mauvais goût et de ce que nous n'aimons pas. Entre la foire du n'importe quoi et des 25 cars de tourismes, les prix ont triplé. C'est un capharnaüm qui ne ressemble à rien et surtout pas à quelque chose d'original. Ce quartier si typique et spontané s'est transformé. A éviter le matin pour le style américain grand bazar. A éviter le soir après 17h car c'est le quartier le moins sur de BA.
Allons chercher ailleurs plus de naturel. Route vers le sud. Après 200 Km nous nous arrêtons dans une station pour faire le plein. Je discute avec le patron pour dormir près de la station. Pas de problème. Nous mangerons chez lui un steak et une salade. Il ne veut pas que l'on paye. C'est aussi cela l'Argentine.
La route est agréable. Tout au long des 500 km, nous voyons les troupeaux de vaches qui occupent la pampa ( pampa en indien veut dire terre plate ). Le long de la route une pancarte indique Ushuaia 2850 km. C'est ça aussi l'Argentine.
Ce soir nous coucherons dans un petit village charmant et très tranquille Coronel Dorrégo. Ville de pionniers qui sont venus s'installer au début de 1900. Nous discutons avec des personnes dans la rue. Chacun nous dit être descendant d'Espagnol, de Gallois, de Français. Le petit musée retrace l'épopée de la grande époque de la colonisation.
Nous repartons enchanté de ce village où la tranquillité est encore de mise, sans vol et sans délinquance. La route est pareille, comme hier, long ruban de goudron entouré de terres à perte de vue, c'est encore la pampa avec ses longues plaines et ses nombreux troupeaux. Ce n'est pas pour rien que l'Argentine est dans les 3 premiers pays exportateurs de viande.
Il faut passer un contrôle phyto sanitaire. Nous ne devons pas emmener dans le sud des fruits qui sont porteurs de larve de mouche, ni de la viande pour la fièvre aphteuse. Nous passons avec le véhicule dans une tranchée remplit de produit désinfectant pour le dépolluer.
Encore 15 km et nous arrivons à las Grutas, village balnéaire. Nous ne sommes pas encore en pleine saison estivale et la ville est très calme. Simplement des perroquets viendront déranger la tranquillité du coin.
Nous retrouvons le premier coucher de soleil dont le sud de
l'Argentine a le secret. Tout l'horizon prend des couleurs orange, rouge jaune. Il s'enflamme pendant presque ½ heure jusqu'à s'éteindre en passant ensuite par un bleu acier.
Ce matin déjeuner face à l'océan avec pour voisins ses perroquets, braillant comme des camelots sur les marchés.
Nous repartons vers le sud. Des plaines bien grasses nous passons à cette terre aride qui annonce le début de la Patagonie. Après les troupeaux de vaches c'est la multitude d'ovins qui bordent les à cotés de la route.
Nous sommes au début de la Patagonie argentine.
Nos vemos mas tarde
Fiche pratique
Dans chaque pays je vous dresserai un petit inventaire des coûts de la vie pour votre info ou pour les futures voyageurs qui sont encore avec leur projet dans la tête et la tête sur une carte d'Amérique du Sud.
Il n'est pas nécessaire d'avoir un carnet de passage en douane pour le camping car.
Une assurance est possible à l'automobile club argentin
La cotisation est de 7 € par mois
La responsabilité civile 12 € par mois
L'assurance couvre les pays limitrophes de l'Argentine
Ensuite vous avez des remises sur l'essence, les campings
Pour ce premier tronçon pas de problème avec la route.
Gasoil le litre 0,37 €
Essence 0,34 €
Camping une nuit 2,5 € à 3,50
Douche dans le camping 0,80 €
Nuit d'hôtel 11 €
Un hôtel classe 28 €
Petit déjeuner 1,7 € pour 2 personnes
Entrée musée 5 €
1 heure d'Internet 0,55 €
Un litre de lait 0,54 €
Un kg de viande 2,50 à 4 €
12 œufs 0,80 €
Empanada 0,50 € chausson à la viande
Beurre 250 gr 0,80 €
Poulet cuit 4,50 €
Poulet à cuire 1,50 €
1 Kg de tomates 0,70 €
1 Kg de haricots 1,20 €
Une baguette de pain 0,13 €
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N° 3 Buen dia Patagonia
Chaque personne que tu rencontres
est une expérience.
Reed Konsler
Ce titre est tiré d'une émission de radio que nous avons écouté pour la première fois en 1972 et durant 2 ans en Patagonie.
1972, 1980, 1988, 1997, 2001, 2004, régulièrement, Patagonie nous revenons vers toi. Les récits auront parfois des retours en arrière, des anecdotes de ces années là, mais en aucun cas de " Saudade " ( nostalgie).
Pour nous, ce que nous voulons, c'est rencontrer, découvrir et vous faire partager nos passions.
Après avoir fait les provisions dans le petit port de Puerto Piramides, nous passons une semaine dans la péninsule Valdes, sur la plage Pardelas à 8 Km de la piste principale.
Toute la journée c'est le ballet des baleines franches qui viennent nous saluer de très près. Nous passons beaucoup de temps à les observer aux jumelles ou simplement à l'œil nu lorsqu'elles sont très prés du bord. Nous allons faire des kms à pieds pour voir éléphants marins, lions de mer, manchots.
La péninsule est une réserve naturelle où se côtoient Guanacos, Maras ( lièvre de Patagonie ), Nandous ( petite autruche ), Chouettes de terrier, Tatous; c'est l'arche de Valdes et Noé est passé par-là.
A éviter et a ne pas faire la visite à l'estancia San Lorenzo, vers Punta Norte. Inintéressante. Elle n'est faite que pour les touristes germanisants fortunés.
Direction Trelew. 32 années sont passées depuis que nous sommes arrivés dans cette ville ventée avec ses rues non goudronnées. Le tour de ville s'impose avant de retrouver nos amis. Au 1576, 25 de Mayo, maison ou nous avons vécu pendant 2 ans. Les souvenirs reviennent automatiquement. Ici un commerce est fermé, là une rue est goudronnée, là encore c'était le " campo " maintenant c'est un ensemble de villas. La villa de la nounou de notre fils est fermée. C'est étonnant la mémoire car nous retrouvons instinctivement, les rues, les coins avec les détails précis dans une multitude de souvenirs.
Nous passerons une semaine avec nos amis comme si nous nous étions quittés il y a 8 jours. Les rires, les anecdotes et les plaisanteries fusent. Nous sommes bien.
Petit visite à l'aéroport de Trelew où nous avons rendu hommage à Saint Exupery en 1972 en apposant une plaque commémorative de son passage. Il parle de cette ville dans Courrier Sud ou Vol de Nuit. Pour lui la croix du sud était importante. Pour nous elle représente aussi beaucoup de choses et chaque soir nous la regardons.
Nous laissons les amis. Nous prenons la direction du sud par le chemin des écoliers.
Je ne sais pas qui a laissé la porte la Patagonie ouverte, mais le vent est constant. Elle n'a pas changé. Elle est là comme nous l'aimons. Des Km sans croiser personne, que des guanacos, des nandous ( petites autruches ). Des nuits dans des endroits ou nous sommes seuls prés de l'océan avec les mouettes ou les petits oiseaux.
Dans une ferme de 27000 hectares et 17000 moutons, rencontre avec les gauchos de l'estancia pour boire le maté. Des gens qui vous accueillent avec le sourire et qui vous rappellent que la vie peut être simple mais bien vécue.
Le maté est la boisson chaude nationale. Boisson que la maîtresse de maison sert dans un récipient, (appelé maté ), rempli d'herbe de maté, que nous nous passons à tour de rôle. On boit avec une sorte de paille en métal ( bombilla ).
On peut voir les Argentins, en voiture, même en conduisant, sur le bord de la route, sur la plage avec tout le matériel nécessaire pour ce moment très important dans leur vie. C'est souvent un moment de détente
( de charla ) discussion ou on refait le monde.
Si vous voulez de la tranquillité et revenir au jurassique, allez voir le parc du bois pétrifié. Le parc Jaramillo est le parc du bois pétrifié qui est à 70 Km de la route goudronnée. J'indiquerai les détails de la route pour les intéressés.
Il faut faire le plein de nourriture et de gasoil, même si vous faites le circuit aller-retour. Pendant 3 jours nous, nous allons rouler dans le campo
( Champs avec plus ou moins de végétation). Ces routes de pierres ne sont empruntées que par les camionnettes ou les camions des fermes voisines.
Il faut continuer la piste sur 25 Km, pour sortir du parc et pour pouvoir camper. Il est obligatoire d'avoir un bon véhicule car la route est assez mauvaise. Des Km de piste de basalte à rouler à 5 Km/h. Lorsqu'on passe 3 jours après la pluie la route est encore plus mauvaise. Route glissante, certains endroits avec 30 cm de boue. Nous allons employer le 4x4 pour la première fois du voyage. Dans certains passages scabreux, la courte sera nécessaire.
Avec la pluie qui est tombée cela donne un autre relief et de la profondeur au décor qui habituellement est sec. Tout paraît enveloppé dans un écrin vert. Nous passons 2 nuits au milieu de nulle part, sans nom, dans des endroits où les paysages sont superbes. Nous croisons 2 voitures en 24 h sur 200 Km. Le matin nous sommes réveillés par les appels des guanacos.
C'est vraiment merveilleux soit au lever soit au coucher du soleil car les montagnes prennent des couleurs que même certains peintres auraient de la peine à recréer. Sauf peut être Louedin.
Nous nous surprenons à écouter le silence le soir quand le vent se calme. ( pas pour ceux qui ont des acouphènes. NB pour nos amis médecins )
Le ciel est à l'échelle de l'endroit. Grandiose. Je connais des astronomes, même amateur, n'est ce pas Emmanuel, qui donneraient cher pour se trouver dans un endroit pareil. Le ciel est là sans aucune lumière qui souille l'obscurité. Nous pouvons regarder à satiété cette voûte sur 360°. Avec bien sur pour nous la croix du sud. Dormir comme nous à la belle étoile n'est pas le mot juste; C'est dormir aux belles étoiles.
Aujourd'hui samedi 20 / 11 / 04 un trafic intense sur la piste. Nous avons croisé 2 voitures en 100 Km. Il est vrai que c'est samedi et que les gens partent en Week-end.
Nous sommes coincés à Gobernador Gregores. Pas de gasoil dans les 2 stations service. Nous devons attendre le camion de livraison. La prochaine station est à 170 Km à Tres Lagos. Connaissant l'Argentine nous allons nous renseigner sur la prochaine livraison. Cependant je vais demander à Vialidad ( ponts et chaussées ) de me vendre 20 l de Gasoil et ensuite je refais de même dans le service de la municipalité. L'Argentine, surtout dans le sud, a encore cette loi du service rendu et de ne pas laisser quelqu'un dans le besoin. Je peux mettre 40 litres en tout. Mais comme nous avons perdu l'après midi à courir après le gasoil nous ne partirons que demain matin. Le responsable du tourisme s'occupe de nous faire découvrir son village.
Heureusement que nous avons fait le plein car le camion de gasoil qui devait venir vers 16h n'est pas arrivé. En fait ils attendent le camion de livraison depuis 15 jours. Nous appliquons depuis très longtemps la règle lorsque nous voyageons, que dés que nous trouvons de quoi manger ou du carburant il faut le prendre ( même s'il ne manque que 10 litres de gasoil ). On ne sait pas si à la prochaine station il y aura ce que l'on recherche. Nous avons toujours 15 jours de provisions dans El Pitchi.
Calafate, ville incontournable pour aller au glacier Perito Moreno qui a lui seul vaut le déplacement dans la cordillère Argentine Une splendeur de la nature. A chaque moment un craquement ou un bruit sec comme un coup de canon nous rappelle que le glacier avance. Les blocs entiers de 60 m de haut se détachent et tombent dans le lac dans une gerbe d'eau. Cela fait la 3 ème fois que nous venons admirer ce spectacle. Il vaut mieux venir avant la horde des touristes avant 10 h le matin ou après 16 h lorsqu'ils sont repartis.
C'est environs 1000 personnes par jour qui visitent le glacier. Que de soirée diapos en perspective.
Pour nous la route continue sur 28 de Noviembre. C'est un personnage ayant eu une vie difficile, haut en couleur et riche de son savoir qui nous invite. Nous coucherons ce soir dans sa ferme, enfin 150 hectares, au milieu des bois. Endroit très bucolique. Les lièvres et les canards sont de la partie. Dommage que la pluie se soit invitée elle aussi. C'est le 4 ème jour de pluie depuis un mois.
25 / 11 / 04 Douane Chilienne
Pas de tracasseries ni coté Argentin ni coté Chilien. Ils vous offrent même des biscuits en discutant et faisant les papiers.
Juste le temps de regarder le " matin bonheur " chilien à la télévision dans la salle des passagers, et nous avons traversé le canal de Magellan sur le même et l'éternel bateau Melika en 2 heures. Je crois que la peinture est d'époque.
La route est maintenant asphaltée presque jusqu'à Ushuaia. Le passage du col de Garibaldi en 1973 avec la 2 CV qui marchait à 60 à l'heure avec le vent dans le dos avait été beaucoup plus difficile. Nous avions trouvé la neige fondue au sommet. C'était en été. Aujourd'hui c'est de la rigolade. Nicolas Hulot n'avait que 10 ans et il ne connaissait pas encore Ushuaia.
Des guanacos nous font l'aubade en sautant les barrières sans élan et ensuite nous contemplent tranquillement de l'autre coté.
A éviter, l'estancia Harberton, à 45 Km d'Ushuaia. Patron pas sympathique, qui préfère compter ses sous que de recevoir le client. Repas médiocre. Il n'y a plus rien de vrai. Ce sont des estancias faites pour les Américains et les Japonais.
Il y a des pays ou des régions qui ont la particularité d'avoir dans la même journée les 4 saisons. Et bien la région d'Ushuaia est de celles-là. Il a plu toute la nuit avec 4° au thermomètre. Il a neigé sur les sommets comme on dit en Haute Savoie. C'est vrai que c'est le printemps. 1 heure après c'est le soleil qui réchauffe et d'un seul coup il faut enlever un vêtement.
A éviter, le train du bout du monde. Très cher et rien à voir. Train des prisonniers qui allaient couper du bois. Sûrement un train de souvenir pour l'Argentine mais pas pour nous. Train pour touristes qui arrivent en avion et repartent le lendemain et non pas le temps de se promener en voiture.
La nuit sera tranquille car dormir dans un parc avec pour voisins les outardes qui font leur parade nuptiale et les vanneaux huppés avec leur cri si particulier de crécelle c'est vraiment fantastique. Le matin c'est un vol de bandurias, ( de la classe des ibis ) qui nous réveille avec leur cri de trompette d'enfant.
Vers la baie de Lapataia c'est la fin de la route 3, une des plus longues
d'Amérique du sud. 3063 Km. Elle part de Buenos Aires pour terminer après Ushuaia. A l'échelle européenne cela fait de Gibraltar au cap Nord.
Pour notre part, nous aimons mieux la 40 qui longe toute la cordillère des Andes et qui offre toute une multitude de variétés tant sur les paysages que sur les gens et leurs cultures. Elle est longue de 5180 Km et se termine à la Quiaca, ville frontière avec la Bolivie.
Un mois est passé la prochaine étape c'est le sud du Chili. Une autre page de notre aventure.
Nos vemos mas tarde
Bilan de santé :
Pour nous rien à signaler à part les moustiques pour moi
Pour le El Pitchi un par brise lors d'un croisement sur les pistes.
Circuit
En descendant par la route N°3, faire le plein de gasoil à Caleta Olivia. Par contre les provisions sont un peu moins chères à Comodoro Rivadavia.
A 150 Km de Caleta Olivia prendre la direction du Parc Jaramillo, route N° 49. ( ne pas aller au village du même nom )
Au Km 50 il y a un camping. Faire les 20 Km qui restent pour visiter le parc du bois pétrifié. L'endroit est merveilleux. Demander au garde si la piste qui continue pour rejoindre la piste N° 12 est praticable. En été pas de problème pour les véhicules avec de la garde au sol. Par temps de pluie il faut un 4X4 et encore ce n'est pas du gâteau. Vous pouvez dormir dans le campo, un peu en retrait de la piste, mais après les limites du parc. Attention c'est très venté.
Une fois rejoint la 12 vous pouvez allez soit vers le sud pour rejoindre Calafate pour le Glacier Perito Moreno ou vers le nord pour las cuevas de la manos pour les peintures rupestres, par la 40. Route de gravier mais facile pour tout type de véhicule. Les argentins se sont améliorés pour la conduite, mais attention ils doublent aussi bien par la droite que par la gauche, ils ne connaissent pas la priorité à droite et les stops c'est pour faire joli. Il n'y a pas d'examen pour le permis de conduire. Parfois les gens sortent du campo et croient que les feux tricolores ont été mis pour noël et qu'ils sont restés allumés. Ceci m' a été raconté par un argentin.
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