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Journal de voyage

N* 10 De La Paz á La Paz
"de tous les remords de l'homme, le plus cruel sans doute est celui de l'inaccompli"
M. Yourcenar

Pour nous, c'est de finir ce qui a été commencé, et en plus c'est de le terminer en
beauté. C'est mal parti. La Paz qui n'est pas en paix et le nord du Chili qui tremble.


Le 4 / 06 / 05
Nous partons pour La Paz. Les informations que nous glanons ici et là sont toujours contradictoires au sujet des barrages des grévistes. Jusqu'à La Paz pas de problème, la route est libre. Nous voulons passer par El Alto, ville en haut de la Paz, pour partir vers le Pérou puisque nous ne pouvons pas passer du coté Brésilien ( Caranavi et Rurrenabaque bloquées).
Nous essayons de nous engager vers El Alto. Il y a encore des grévistes. Ce ne sont plus les ouvriers qui manifestent mais des fainéants, bourrés à la bière qui barrent le passage. Comme ils sont saouls il ne faut pas les approcher car ils risquent de vous caillouter ou de taper sur le véhicule avec des bâtons. La télé est là pour un reportage. Joce fait son interview et dit ce qu'elle en pense. Nous sommes des touristes comprenant les problèmes que les Boliviens rencontrent, mais pris en otages. Dés aujourd'hui, Je vais faire le chauffeur de la star.
Ils annoncent à la radio que d'ici peu il n'y aura plus de gaz, plus de farine pour le pain. Il n'y a déjà plus de gasoil. J'ai la chance de pouvoir mettre 120 litres dans le réservoir. En tout, nous pourrons faire au minimum 1200 Km. Je sais, cela ne sert à rien d'avoir du carburant si on ne peut pas rouler.
Nous repartons coucher à 50 Km dans le petit village de Chuspipata. Avant Mercredi il ne se passera rien. Nous décidons de descendre sur la Paz, pour être au cœur des nouvelles. Si il y a un créneau horaire de passage il faut être prêt.
Nous allons coucher dans le parking de l'hôtel Oberland dans le sud de la Paz, à Mallasa. Nous étions passés à Mallasa en 1989 avec les enfants. Nous étions allés nous doucher dans un bordel. Je sais ce n'est pas très moral pour les enfants, mais la fin et peut être la chaleur, justifient parfois les moyens.
Nous retrouvons nos amis italiens rencontrés à Uyuni. Nous, on les croyait au Pérou. Aldo et Christina croyaient aussi que nous étions passé au travers des grèves. Mais eux ça fait plus de 9 jours qu'ils sont bloqués ici.
Le 05 / 06 /05
Nous emmenons El Pitchi chez Toyota pour la révision. A attendre, autant mettre le temps perdu à profit. Nous partons en ville.
Lundi défilé des contestataires. Nous entendons les pétards aux alentours du centre ville où nous nous trouvons. Peu à peu se rapprochent les bruits et les slogans. Bientôt nous sommes encerclés par les cortèges des manifestants. Les pétards et les "bâtons de dynamite" d'après la police et les commentateurs, explosent pas très loin de nous. Nous décidons de nous éloigner du centre et de regagner un endroit plus calme Pour couper le défilé et regagner les rues un peu plus tranquilles, nous passons parmi les femmes qui défilent et qui sont moins agressives pour le moment que les hommes.
Nous entendons à la radio que la police a chargé les personnes qui volent dans les magasins, avec des gaz lacrymogène. Nous nous réfugions vers la place en bas du stade et nous passons dans un petit parc de verdure. Ce qui est rassurant et contrastant c'est de voir tous ces amoureux sur leur nuage, loin du remue ménage des gens qui défilent.
Il ni y a pas de transport en commun et nous redescendons à pied depuis le centre ville, environ 7 Km, jusqu'au garage Toyota. Cela est assez facile car c'est en descente. Se promener à La Paz, devient très vite fatiguant: l'altitude, 3500 m, la cuvette où elle se trouve, les routes en montées ou descentes. Nous reprenons El Pitchi après révision et repartons vers nos quartiers de nuit dans la cour de l'hôtel Oberland.
A 400 M de l'hôtel il y a un barrage de manifestants. Nous attendons 4 heures, devant le barrage qu'ils ont mis sur la route, pierres, arbres, avant qu'ils nous laissent passer. Les boliviens des autres voitures partent négocier. Je reste un peu à l'écart, nous représentons pour eux le capitalisme et ils seraient capables de nous molester. Je suis sur que certains, qui sont ici, ne savent même pas pourquoi ils manifestent.
Il y a un slogan: "nationalisation" des entreprises Boliviennes. Un autre slogan scandé par les marcheurs grévistes est : si nous sommes dans la rue c'est la faute du gouvernement.
Ils mélangent tout : il y a la nationalisation des entreprises exploitant les carburants car ils ont découvert du gaz, le problème avec le Chili pour l'ouverture d'un port sur le Pacifique, (cela remonte à 124 ans durant la guerre du pacifique), ainsi que l'autonomie du nord qui veut être indépendant ou tourné vers le Brésil, de même qu'il y a des problèmes de langues entre le Quetchua et l'Aymara pour obtenir des places au parlement, sans oublier la production de coca et le désespoir des paysans qui crèvent de faim. En tout, plus de 60 revendications. En plus y a, en occulte, des puissances externes et internes qui manipulent et financent les mouvements de protestations. Nous retrouvons l'hôtel et son parking de nuit. Pour nous remettre de nos émotions nous allons au salons boire une Capiriña avec le couple ami.
Le 7 / 05 / 05
La journée se passe dans le parking de l'hôtel. Rangement et nettoyage du camping-car. Le passage pour le sud de la ville est bloqué. Il y a plus de monde vers les barricades qu'hier. Ils ont fait un relais avec les paysans des plateaux environnants.
Le 08 / 06 / 05
Ce matin nous partons dans Mallasa, pour le ravitaillement, à pied car aujourd'hui c'est la grève des transports. Nous arrivons à trouver 1 kg de viande, une petite bouteille d'huile, 1 plaque de 250 gr de beurre, 1 bouteille d'eau et du pain. Nous payons le double de la valeur initiale. Nous attendons les nouvelles. Demain il y a une réunion à Sucre pour acceptation de la démission du Président. En attendant, pour passer la soirée, nous faisons une partie de dominos.
Le 09 / 06 / 05
La journée passe. Le matin écritures. L'après midi visite des orphelins à l'Aldéa de Mallasa, avec du linge et des cahiers. Nous rentrons au parking de l'hôtel et écoutons les nouvelles de la réunion. Il y a un mort à Sucre. La réunion est reportée. Nous écoutons les infos à la radio. Sucre, ici Sucre. Je pense à nos parents qui écoutaient " Londres, ici Londres" pendant la guerre. Il n'y aura pas de débarquement sur les cotes Boliviennes. Avec ce mort, cela veut dire encore des jours et des jours à attendre ici.
J'espère qu'il ne va pas y avoir un coup d'état, une guerre civile ou que l'armée va prendre le pouvoir. Nous attendons.
Régiani chantait "les loups sont entrés dans Paris". Je ne sais pas ce qu'ils veulent tous ces partis, mais je pense que les loups vont entrer dans La Paz.
Le 10 / 06 / 05
Nous faisons du rangement, corvée d'eau et nettoyage. 45 marches me séparent du robinet. 10 fois par jour nous faisons la montée. Il faut aussi passer vers l'alpaca, Ajayo, qui nous crache dessus. C'est agréable, car en plus il pue de la gueule.
Nous faisons notre tour vers les grévistes. Il y a 5 paysans qui sont assis sur le trottoir. Un pantalon de toile, une chemisette et une veste. Aux pieds des sandales faites avec des pneus. Ils ont passé la nuit dehors. Sachant qu'ici la nuit il fait 3 à 5°C ils ont du avoir froid même si ils sont très résistants. Nous parlons avec eux. ( l'un d'entre eux nous dit avoir 85 ans). Ils n'ont même pas de feuilles de coca. Jocelyne leur donne les cacahuètes que nous venons d'acheter et je vais leur chercher une bouteille de jus de fruit.
Les pauvres ne savent peut être pas lire On les manipule au nom de la nationalisation, du gaz etc.….
Ils nous enquiquinent avec leur barrage car nous ne pouvons pas partir de La Paz mais en même temps ils nous font de la peine à les voir ainsi déboussolés.
Vers 17 heure, nous allons aux nouvelles vers les barricades. Il y a moins de monde que ce matin. Nous discutons avec les grévistes. Nous prenons des photos et filmons lorsque les forces de l'ordre arrivent. Cela ne sent pas bon car ils menacent de disperser les manifestants avec des bombes lacrymogène. Cela veut dire que le barrage va sauter. Nous rentrons à l'hôtel. Nous discutons avec Walter, le patron de l'hôtel et nous faisons des plans pour la suite du séjour. Lui, confiant, nous offre une excellente fondue bourguignonne pour fêter notre départ. On verra demain.
11 / 06 /05
Hier nous nous sommes mis d'accord avec Aldo et Christina, pour faire le point à 8 heures ce matin. Nous allons vers les barricades. Elles sont ouvertes sur une moitie de route et il y a le passage.
La décision est prise de partir. Nous passons le premier barrage. Le 2ème, est fait de blocs de pierre au milieu de la route que nous enlevons avec des Boliviens. Le 3ème est une tranchée large et profonde à franchir. Aldo met ses plaques de désensablage et nous passons. 1 heure que nous roulons et nous n'avons même pas fait 10 Km. Nous passons 246 barrages de pierres et de déblayement sur 100 Km jusqu'à Patacamaya. Il faut slalomer entre les barrages et les camions qui viennent en face.
Une fois sur la route de Tombo Quemado, frontière avec le Chili cela est plus calme. Nous passons la frontière sans problème. Les douaniers chiliens sont tellement contents que nous disions que nous étions coincés à La Paz qu'ils ne révisent même pas El Pitchi. Ces employés sont vraiment imbus de leurs droits de supériorité. Pauvres douaniers. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois. Avant les argentins passaient pour être de grandes gueules, mais je pense que ces fonctionnaires chiliens là les battent maintenant. Pardon à nos amis Chiliens si adorables et si loin de cette façon d'être.
Le 13 / 06 / 05
Direction Arica. Provisions dans un grand magasin et départ pour le Pérou. Passage de la douane sans encombre mais il faut un minimum d'une heure de paperasserie. 6 tampons plus tard nous partons en direction de Tacna.
Nous arrivons de nuit à Puerto Ilo. Au moment ou nous surplombons la ville illuminée, coupure de courant. Les gens courent dans tous les sens, affolés. Dans le camping car nous n'avons pas ressenti le tremblement de terre. Plus de 5 sur l'échelle de Richter. Il y a eu 11 morts au nord du Chili. Après les grèves, maintenant le tremblement de terre et demain? Dans la famille catastrophe, il nous manque des Ovni et un raz de marée.
Nuit infernale à Puerto Ilo à cause du bruit. Je ne sais pas si c'est lié avec le tremblement de terre mais les gens restent dans la rue très tard et pourtant il fait froid. Ils ont le verbe haut et papotent longtemps.
La route pour Arequipa est longue et monotone. Visite de la ville. Nous l'apprécions plus qu'en 1989. Nous l'avions trouvé fade et quelconque.
Il est 14 heure. Nous partons pour Chivay. Village à 160 Km au nord d'Arequipa. Voilà 1000 Km que nous avions oublié ce qu'était la piste. Elle nous rattrape sur cette route. Des nids de poule comme des nids d'éléphant. Nous passons à 4892 m et redescendons de nuit sur Chivay. A part 4 viscaches ( de la famille des chinchillas ) qui traversent devant les phares, c'est tout ce que nous voyons pendant la longue descente. Nous sommes contents d'arriver en bas au village. Nuit près des termes.
Le 16 / 06 / 05
Nous prenons la direction de canyon de la Colca. Toute la vallée est très fertile. Nous croisons ou doublons les femmes qui vont aux champs, dans leurs très beaux costumes brodés. Les chapeaux sont eux aussi brodés. Nous arrivons au sommet où règnent les condors. Mais il est tard pour admirer leur vol. Nous resterons coucher dans ce coin à 3780 m. Comme cela nous serons sur place et verrons les condors demain matin.
Le 17 / 06 / 05
Nous finissons à peine de déjeuner que déjà les condors commencent leur ballet. Il sont une bonne 20aine à tournoyer au dessus de nous. Ils s'amuseront à se laisser porter par les courants pendant plus de 2 heures. Moi, je pense qu'ils sont dressés. Il doit y avoir des cages en bas dans la falaise. Les gardiens les lâchent pour qu'ils se fassent les ailes et ensuite ils retournent au bercail pour recevoir leur pitance. Je n'en sais rien, je brode un peu mais je ne suis peut être pas loin de la vérité.
Le soir nous dormons dans un petit village. Il n'y a que des maisons en ruines. 3 enfants viennent discuter un petit moment avec nous. Ils repartent avec des biscuits.
Le 18 / 06 / 05
Nous n'avons pas dormi avec le trafic de cette nuit. Vers minuit une femme tape contre El Pitchi pour demander de l'eau. Nous l'avons envoyée balader et de revenir demain. Ensuite des pas de gens qui marchent autour du camping-car. Avec la lune qui éclaire, je peux voir, du haut de ma dunette ( vitre de la capucine qui me sert de judas ) une femme transportant des paquets et les porter vers la route. Des camions passent, s'arrêtent, chargent et repartent. Va savoir ce qu'il se trafique là dessous.
Le matin, les 3 petits sont au rendez-vous de bonne heure et nous attendent dehors dans le froid. Nous avons presque honte d'avoir froid avec nos chaussettes dans nos chaussures alors qu'eux sont pieds nus dans leurs sandales trouées. Jocelyne a fait un paquet pour leur donner. Ils ont la peau des joues brûlée par le froid et le soleil. La misère nous la côtoyons depuis un petit moment mais ces enfants nous font mal au cœur, surtout Milagro fillette de 9 ans au regard triste et perdu. Nous les laissons à leur destin non sans beaucoup de tristesse. Pendant un bon moment nous ne disons rien dans le camping–car. Je suis sur que Jocelyne pense comme moi à ces enfants.
500 Km pour rejoindre Cusco. Nous passons à Juliaca. Cette ville n'a pas changée au point de vue signalisation. Nous tournons un petit moment en passant dans des ruelles où les étals délimitent une frontière avec la rue qui se rétrécit fortement par endroits. El Pitchi frôle, rase les bancs de viande ou de fruits.
A la sortie de la ville un flic, type sergent Garcia, sur sa moto, est à un carrefour. Il a du voir Marlon Brando dans " un tramway nommé désir". D'un geste sec, d'un coup de sifflet strident il nous ordonne de nous arrêter. Ce que nous faisons sur le champ en laissant assez de chemin pour qu'il marche. La vrai tête de con…….damné. Nous les sentons ces personnages car ce n'est pas la 1ère fois que nous avons à faire à eux. Je le laisse parler et lui sort ma litanie, que je suis au tourisme et que nous contrôlons le comportement de la police envers les étrangers.
Il nous arrête parce que nous n'avons pas notre ceinture. Justement, si je l'ai fait marcher un petit moment pour rejoindre le véhicule, c'était pour mettre ma ceinture. Jocelyne l'avait. Mais moi à descendre pour demander 25 fois ma route je ne l'avais pas remise. Il me demande mes papiers, que nous lui présentons. Il ne les regarde même pas. Ce qu'il veut c'est de l'argent. Il n'en aura pas et je lui parle sèchement, qu'il fasse son travail et qu'il ne me gonfle pas. Les 80% des péruviens conduisent sans mettre leur ceinture, s'arrêtent au milieu de la chaussée, alors qu'il ne fasse pas une fixation sur les touristes.
Je lui demande qu'il me donne son nom car il a sûrement un chef à qui je ferai un rapport. Ne sachant pas si c'est du lard ou du cochon il nous laisse repartir, furieux de n'avoir pas pu nous extorquer quelques dollars.
Après 7h de route, nous arrivons de nuit à Huaro. Nous nous arrêtons sur la place du petit village. Une dame nous vend du lait de vache. Ce soir au repas, de l'alpaca avec du mais en grain. Un peu dure la bête des montagnes.
Le 19 / 06 / 05
Pisac est une petite ville à 32 Km de Cusco fameuse pour son marché typique le dimanche. En 1974 il y avait plus de locaux que de touristes; en 1989 c'était 50 50; maintenant c'est 10% des locaux et 90 % de touristes. Les gens du cru posent devant l'église en costume traditionnel. Il y a une corbeille par terre et il faut participer, en dollars si possible, pour prendre des photos. Quelles kermesse et mascarade? La messe dite en Quechua est très colorée. Des gens prient, une maman donne le sein à son bébé, le curé donne la bénédiction, des enfants courent. C'est un peu la grande foire.
(Pour Jean Paul : Pourtant dans son sermon le prêtre tranchant, répand sa semonce. Ici toutes les vielles indiennes sont folles de la messe. Les jeunes je ne sais pas).
Nous resterons une semaine dans la région du Cusco. Le camping-car est remisé dans un parking gardé, non loin du centre ville. Nous rentrerons chaque soir dormir dans notre hôtel roulant.
Visite des Ruines de Machu Pitchu pour la 3ème fois. Chaque fois c'est pour nous le même émerveillement. A part les prix qui sont pour les gringos américains, en dollars, le reste est à la hauteur.
Cusco est en fête. Chaque jour il y a un défilé avec des danses. Le 24 juin, c'est l'Inti Raymi. La fête du soleil dans les ruines de Sacqsaywaman (ou saccayhuaman). Un monde incroyable assiste à cette fête.
Nous partons à pied du centre de Cusco et montons jusqu'aux ruines comme des pèlerins lors d'une procession. Les places non payantes sont prises et gardées dés 5 heure du matin. Il y a des gens qui couchent sur place pour avoir les meilleurs endroits et les revendent au marché noir le lendemain. Cela fait plus d'une heure que nous cherchons un coin pour apercevoir la scène lorsque nous rencontrons une personne qui connaît bien les lieux. Il nous propose 2 places pour 20 sol ( 6 € ) Nous sommes assez bien placés en face de l'agora.
Le spectacle est beau et la mise en scène est bien orchestrée. Les costumes sont de couleurs vives. Les puristes m'expliquent que les couleurs ont été inventées maintenant pour donner du relief au spectacle. Les costumes que portaient les Incas étaient plutôt dans le brun, beige, écru, mais jamais de l'orange ou du mauve. Ils n'avaient pas non plus aux pieds des chaussures faites avec des pneus. Cela reste quand même un grand moment et un beau spectacle. Autour de l'enceinte c'est la grande foire ou tous les habitants de Cusco se retrouvent pour pic niquer. La descente sur le centre ville est du même folklore.
Nous avions rendez vous avec le père Gaétan. C'est un père Salésien qui s'occupe des gens défavorisés et de 55 enfants orphelins, à 3 heures de Cusco. Nous ne pouvons pas nous rendre à Lares. Nous allons donc à la mission Salésienne de Cusco et lui laissons du linge et des affaires d'école pour ses ouailles. Il nous remerciera par mail. Dommage que nous n'ayons pas rencontré ce père Belge qui fait un travail énorme dans cet orphelinat.
Le 26 / 06 / 05
C'est le départ de Cusco. Direction Puerto Maldonado dans l'Amazonie Péruvienne. Toutes les informations que nous récoltons sont que la route est infernale et très très très longue. Il faut compter 4 à 5 jours pour faire les 450 Km.
Sur la route nous nous arrêtons au marché de Ccacta. C'est autre chose que Pisac dans le naturel et le véridique. Les femmes sont ici avec des chapeaux, type abat jour, brodés de toutes les couleurs. Vraiment encore de l'authentique, nous sommes les seuls touristes.
Nous passons un col à 4742 m. Si en Bolivie ce sont les chiens qui attendent la pâtée le long de la route, ici ce sont les enfants qui mendient du pain. Ils mettent leurs mains en forme d'écuelle pour recevoir leur "ration". Nous nous arrêtons et leur donnons du pain. Pauvres gamins il ne sont même pas gais. Vêtus de guenilles, des chaussures en pneu aux pieds, genre sandales de pèlerin, ils attendent au bord de la piste, bouffés par la poussière et les gaz d'échappement des camions qui passent. Nous sommes dans des coins reculés du Pérou.
Que les méméres à leur chien chien et les aficionados de la SPA m'excusent, mais entre un chien et un enfant qui a faim pour nous le choix est tout de suite fait. (L'hiver, en montagne, je vais nourrir les animaux, alors que l'on ne me taxe pas de ne pas aimer les animaux).
Nous dormirons à 4512 m ce soir, entre les lacets de la piste. L'eau du torrent a gelé. Il fait 5 ° dans la cellule et nous mettons le chauffage. Normalement c'est la dernière nuit à cette altitude. Après ce sera la plaine de l'Amazonie.
En plus de la route mauvaise, il est difficile de croiser les autres camions. C'est vraiment la jungle. C'est le plus fort qui passe. Je perds de temps en temps et c'est moi qui doit m'arrêter. Il faut choisir un arrêt qui a de la place car eux continuent tout droit sur la piste. Parfois les croisements sont ric-rac et le vide n'est pas loin.
Si ils cherchent une conseillère à l'équipement Péruvien, je vais leur proposer Jocelyne. Elle me refait la route sans arrêt. Ici tu vois ils devraient mettre des tuyaux pour canaliser l'eau. Ici ils pourraient l'élargir car ils ont de la place, et là ils n'auraient pas pu mettre un muret! Là une autre suggestion. C'est vrai qu'il y a beaucoup à faire. Un projet pour la goudronner est lancé, mais quand ???
Nous faisons 120 km de descente pour arriver à 474 m. Maintenant c'est l'Amazonie. La végétation est dense. La route est dégueulasse. Toutes les personnes rencontrées nous ont dit que le passage vers Puerto Maldonado et vers le Brésil est impossible. Cela fait 2 jours que nous roulons et tombons sur des ornières de camions de 80 cm de hauteur et de largeur. El Pitchi ne va pas passer. Il a fait des miracles jusqu'ici en se sortant des creux et des bosses de cette maudite route, mais ici ce n'est pas possible. Nous ne sommes pourtant qu'à 2 Km du village de San Lorenzo. La décision pour ce soir c'est de refaire 4 Km et de dormir vers le pont de Fortalesa.
Je discute longtemps avec Jocelyne devant une carte pour savoir ce qu'il faut faire demain. De renoncer et de faire demi tour cela nous embête car nous sommes très près du Brésil. D'aller vers Maldonado avec les risques de rester plantés dans la boue ou de casser quelque chose du camion, ne nous enchante pas non plus. Nous dormons vers les chercheurs d'or et verrons demain matin. Demain est un autre jour.
Le déjeuner est fini, le camping car révisé comme chaque matin. Je demande à un camionneur qui vient de la direction de Maldonado comment est la route. Hier soir le chauffeur interrogé me disait que c'était affreux, ce matin celui-ci me dit qu'en passant sur les coté de la route c'est faisable. Qui croire?
De passer sur les cotés de la piste nous avons déjà donné. Puno Moquegua, 220 Km en 3 jours et en restant enlisés pendant plus de 24 heures, justement parce que nous étions passés sur le coté (1989). Aujourd'hui la route est goudronnée, elle se fait en 4 heures.
Nous n'arrivons même pas à avoir une info fiable. Le chauffeur n'a pas fini sa phrase qu'arrive une pluie dont les tropiques ont le secret. La décision s'impose. Nous faisons demi tour.
La chaleur humide et les boutons sur le corps ont fait leur apparition en même temps.
Nous refaisons la route en sens inverse. Des passages sont plus détrempés qu'hier. Un passage avec des ornières de 80 cm de hauteur se présente devant le campin-car. J'essaye de passer à cheval. 2 roues dans l'ornière et les 2 autres sur la crête. El Pitchi se laisse emporté par une boue qui est une terre glaise très collante. Le bas de caisse de la cellule frotte mais avec le 4X4 cela passe. Dommage vous ne verrez pas de photos de ces moments un peu durs. 4 km la première heure. La 2ème idem.
Vu la vitesse, nous avons le temps de voir sur les cotés de la piste des fleurs magnifiques. Des papillons grands comme presque une main virevoltent devant le camping-car. Certains semblent ivres de sucs. Il y en a de toutes les couleurs. Quand ils se posent on dirait des feuilles mortes. Lorsqu'ils s'envolent ils laissent apparaîtrent toute une gamme de couleur. Un, tout particulièrement a des ailes d'un bleu fluo changeant suivant son exposition au soleil et ses battements d'ailes. Superbe moment.
Quand El pitchi s'arrête nous pouvons entendre les oiseaux qui s'en donnent à cœur joie dans leurs vocalises matinales, aux sons bizarres. Un vrai régal pour les yeux et les oreilles.
Nous refaisons nos 120 Km de montée. Nous passons de 474 m de hauteur dans la selva à 4760 m au col, là ou les rares arbres semblent vouloir donner un baiser au nuages.
Nous repasserons vers "nos enfants" et maintenant nous leur donnons en plus du pain, des bananes que nous avons acheté vers La selva. Achat à double intention: faire marcher le petit commerce et la distribution future aux enfants.10 kg de bananes pour 1,5 €. Je vais me mettre au régime.
Le 30 / 06 / 05
Nous dormons prés du lac Titicaca qui nous à fait tous rire à l'école durant notre tendre enfance. Nous ne sommes pas allés voir les indiens Uros sur leurs îles de Totora. Déjà en 1989 ceux-ci vivaient à Puno et prenaient la première "navette pour regagner leur lieu de travail". D'ailleurs les barques de totora ( joncs) ne sont utilisées que dans les lieux touristiques. Elles ont toutes été remplacées par des barques en bois.
Nous avions eu le même genre de désillusion en 1974 aux alentours de Iquitos, en Amazonie Péruvienne. Celle de voir se déguiser les gens du coin pour nous jouer la grande scène des indiens Yaguas. 3 femmes qui reviennent de la cueillette des bananes, 2 jeunes filles les seins nus, vêtues d' un pagne, un homme qui reste au camp et qui fait croire que les autres sont à la chasse. Une sarbacane pour amuser le touriste. Quelle mise en scène!
Le 1/ 07 / 05
Le matin à Chuquasuyo, prés de Juli, nous déjeunons sous le soleil qui fait miroiter les eaux bleus du lac Titicaca. Nous passons une partie de la matinée avec les pêcheurs qui eux ne sont pas là pour les photos des touristes. Ils travaillent dans les parcs d'élevage des truites sur le lac. Entre eux ils parlent Aymara mais avec nous ils parlent espagnol. Le patron nous donne 2 belles truites pour le repas de midi.
Nous nous présentons à 9h30 à la douane de Desaguadero. Le capharnaüm de cette douane est indescriptible et constant. A croire que cette pagaille arrange tout le monde des 2 cotés de la frontière.
Aujourd'hui en plus c'est jour de marché. Les Boliviennes viennent vendre au Pérou et les Péruviennes passent acheter du coté Bolivien. Chacun se fraye son chemin comme il peut poussant son tricycle, ou portant sa charge sur le dos. La route est étroite car les vendeurs l' occupent de chaque coté, changeurs de monnaie, vendeurs de limonade, diseurs de bonne aventure lisant dans l'étain fondu, etc…
Notre camping-car occupe aussi beaucoup d'espace. Il y a un agent de la municipalité qui veut me faire payer une taxe. Je viens d'en payer une de 5 Sol, 400 m avant. Je lui dit que je ne payerai rien du tout pour faire ce petit trajet.
Sans arrêt on est taxé. Les personnes qui passent sont délestées de, soit 2 pommes, soit d'une tomate, soit de 2 poissons, soit de sacs de pain. Le droit de passage est de cette valeur. Les pauvres indiens ne rouspètent même pas car la sanction serait pire encore. Les agents de police se régalent de les humilier.
Le flic des migrations veut une "contribution" ( à quoi, pour quoi?). Je lui donne un sol Péruvien que personne ne veut car soit disant il est faux. Lui il arrivera bien à le refiler. Il l'a fait disparaître prestement dans sa poche. Ils ne peuvent pas vous obliger à payer, mais pour avoir la paix on le fait. Le tout est dans la mesure de ce que l'on donne.
Du coté Bolivien, à peine 2 Km plus loin, un poste de contrôle du transit veut encore ou déjà me faire payer. Je lui explique que je viens de cracher au bassinet juste à la douane. Il renonce à me faire payer la taxe, mais me demande quand même une "collaboration" ( qu'il se mettra dans sa poche lui aussi). Je lui laisse 2 Boliviens, environs 13 centimes € et il me fout la paix. De toute façon nous savons très bien que cela est du racket.
Ouf ! Les frontières de Désaguadero sont passées. Direction La Paz qui se trouve à environ 112 Km par une belle route goudronnée.

Nos vemos mas tarde


Bilan de santé :

Le camion : Ras

Pour Jocelyne : piqûres d'insectes

Pour moi : des boutons de chaleur




A conseiller : A La Paz: Hôtel Oberland. Personnel et Patron très accueillants.
Gérant Walter Schmid

A Cusco : garage où l'on peut dormir avec son camping-car
Rue Inticcahuarina N° 305 prés du centre.
Responsable M Nicanor Concha Blanco et sa femme Rosi

A Ollataytambo : garage près de la gare pour laisser le camping car pour aller 2 jours au Machu Pitchi





Il n'est pas nécessaire d'avoir un carnet de passage en douane pour le camping-car entrant en Bolivie ni au Pérou.
Il faut entre le Chili et le Pérou un carnet qu'il faut acheter a Arica au Chili. Cela s'appelle le "Relacion del vehiculo y pasajeros" qu'il faut remplir. Il coûte environ 5 €.





Bolivie

Gasoil 0,40 €
Camping une nuit de 2 à 5 €
Douche dans une station 0,50 €
Nuit d'hôtel 20 €
Un hôtel classe 100 €
Petit déjeuner de 2 à 6 € pour 1 personne
Entrée musée de 1 à 3 €
1 heure d'Internet 0,50, €
1 litre d'eau 0,18 €
Un litre de lait 0,30€
Un kg de viande 1 à 3,50 €
12 œufs 0,85 €
Empanada 0,16 € chausson à la viande
Beurre 250 gr 1 €
Poulet cuit 3 €
Poulet à cuire 1 €
1 Kg de tomates 0,30 €
1 Kg de haricots 0,70 €
Une baguette de pain 0, 20 €

Perou

Gasoil 0,90 €
Camping une nuit de 2,5 à 9 €
Douche dans une station 1 €
Nuit d'hôtel 13 €
Un hôtel classe 200 €
Petit déjeuner de 3 à 10 € pour 1 personne
Entrée musée de 10 €
1 heure d'Internet 1 €
Un litre de lait 0, 30€
Un kg de viande 1 à 5,50 €
12 œufs ,67 €
Empanada 0,3 € chausson à la viande
Beurre 250 gr 1 €
Poulet cuit 8 €
Poulet à cuire 5 €
1 Kg de tomates 0,50 €
1 Kg de haricots 0,70 €
Une baguette de pain 0, 32 €
 Auteur : Clap
N* 11 Todo bom, Todo bem.
Nous ne cessons pas de voyager parce-que nous vieillissons
Nous vieillissons parce-que nous cessons de voyager



Todo bom et Todo bem est le signe de ralliement des Brésiliens

Pour nous, nous n'avons pas choisi de vieillir, mais nous avons choisi de vieillir en voyageant.


2 secrétaires ( pas à talons hauts ) croisent devant le camping-car, des aigrettes dans les marigots qui bordent la piste et une femelle jabiru s'envolent. Nous entrons dans le Pantanal Bolivien. Mais revenons 4 jours en arrière.

3 / 07 / 05
Nous quittons La Paz par El Alto qui est beaucoup plus calme qu'il y 20 jours en arrière. La tranchée que nous avions passé avec les plaques du Toyota d'Aldo, est à moitié rebouchée, mais prête pour les prochaines grèves.
El Pitchi a voulu faire un nouveau détour par le garage Toyota. Son passage vers l'Amazonie Péruvienne a laissé de grosses traces de souffrance. 3 brides sur 4 des lames de suspensions arrières cassées, plus le changement de 2 bougies de chauffe. Heureusement que nous nous apercevons ici en ville des dégâts. Si cela casse sur la piste du Pérou, c'est au minimum 10 à 15 jours de dépannage, entre réparation et emmerdes.
Le changement des brides s'est fait dans la rue avec le taillandier du coin car Toyota ne fait pas ce travail. Il faut voir travailler les mécaniciens sous le camion, sans fosse. Ils sont 4 ouvriers couchés à même le goudron de la rue. Les rois du marteau gradué et de la soudure. Le serrage des écrous ne se fait pas avec la clef dynamométrique. C'est avec le pied et la force que le mécano met dans le mollet qui tare le blocage de l'écrou. Si la clef ripe ou le pied glisse c'est l'autre qui est en face qui la prend dans la tête. Enfin pourvu que la réparation tienne encore 2 mois.
Avant de commencer, j'ai demandé le prix: 300 Boliviens par suspension. Je refuse, car il me prend pour un "touriste". Je lui dis en clair qu'il laisse tomber et que je vais aller voir ailleurs. Je bluffe, car je ne connais personne ici. Je lui explique à nouveau que ma femme est Argentine et que je ne suis pas un gringo. Nous nous mettons d'accord pour le prix de 150 boliviens pour les 2 cotés. Il suffit de savoir leur parler, aux hommes
3 heures après nous sommes à l'hôtel Oberland pour y passer la nuit avec l'alpaca et 6 autres camping-cars Allemands, Suisses et Français.
Echanges d'idées et de conseils avec un couple de Français. Eux partent sur Lima, ensuite par bateau pour les USA. Ils sont partis pour 4 ans d'aventure. Couple super sympa.
André me donne un point GPS à ne pas manquer à Cochabamba. Patricia, sa femme, discute avec Jocelyne car elles sont toutes deux de l'Hérault. Et quand une Héraultaise rencontre une autre Héraultaise……...
Passant au Nord de la ville de Vallegrande, nous avons une pensée pour El Che. Che Guevara, cet Argentin révolutionnaire qui a voulu aider les paysans, a été trahi par les siens et bien sur la CIA en 1967. Ah! ces ricains toujours dans les mauvais coups. Allende au Chili en 1973 et tous les autres. Je lis en ce moment le voyage du Che en moto en Amérique du sud, c'est cocasse et moins politique.
La route de Cochabamba a été longue et montagneuse. Arrivée de nuit au point GPS. Le point GPS est une estancia qui reçoit les camping-caristes qui veulent y passer la nuit. C'est un endroit tenu par un Allemand dans un coin superbe, à l'écart de la ville.
Vu le nombre d'allemands que nous rencontrons en camping-car ou qui sont installés en Amérique du Sud il ne doit pas en rester beaucoup en Allemagne.
André nous avait présenté l'emplacement comme idyllique, le buffet bien garni pour 2 € et le patron très sympa. Nous pensons à lui devant le buffet.
Pour le lieu c'est vraiment superbe ainsi que pour le personnel très très bien et pour le repas varié à volonté. Il avait raison de nous conseiller cet endroit; mais pour M Hartmann, ce n'est vraiment pas le cas. Un grincheux et en plus mal élevé. Peut être est-Il plus accueillant avec les siens ou avec ceux qui laissent du fric. Il est vrai que l'on ne s'arrête pas dans ces endroits pour le patron.
Le 6 / 07 / 05
1247 km nous séparent déjà de la Paz. Passage par Santa Cruz et la piste de San José de Chiquitos, direction la frontière Brésilienne, vers Corumba. Nous avons "peur" de rester à nouveau bloqués en Bolivie car il y a toujours des réunions des paysans et des syndicats. Les problèmes ne sont toujours pas résolus.
Ce chemin nous le devons en partie à Roger Courteville qui en 1926 est parti en voiture de Rio jusqu'à Lima en passant par La Paz. Il a reçu l'aide des 3 pays pour réaliser cette aventure sauf celle de l'ambassadeur français en poste à cette époque. L'expédition était autrement plus périlleuse et difficile que pour nous aujourd'hui.
Une parenthèse, en parlant d'ambassadeur, le consul de La Paz, M Blanchard, a été très attentif à notre situation durant les barrages en Bolivie. Il faut le souligner car ça n'a pas été le cas dans d'autres pays.
Pour passer le Rio Grande, R.Courteville a du démonter la voiture et la mettre en pièces détachées sur des barques. Nous n'en sommes pas là.
80 ans après nous passons le pont sur le Rio Grande. C'est le pont du chemin de fer qui sert à tout. Nous passons dans un sens. Les autres véhicules qui viennent en face attendent que nous ayons traversé. Par contre si le train passe, les véhicules attendent leur tour de chaque coté du pont.
Nous payons un péage et le flic veut de l'argent pour lui. Je lui dis non et poliment qu'il aille se faire voir. Il n'insiste pas et fait signe au tireur de ficelle de me laisser passer. A chaque péage où contrôle, il y a une personne qui tire la cordelette qui est tendue au milieu de la route et qui barre le passage. Toute la journée son travail consiste à tendre ou abaisser la corde pour laisser passer les véhicules. Quel travail valorisant ! Je suis certain qu'il connaît sûrement toutes les ficelles de son métier.
La piste d'aujourd'hui est assez pénible. Il faut faire sans arrêt des détours de droite à gauche autour de la nouvelle route en construction. C'est un vrai jeu de piste. Dans 2 ans, ce passage, lorsque la route sera goudronnée, ne sera plus une aventure. Les 547 km de piste au lieu de se faire en 3 jours comme aujourd'hui se feront en moins de 5 heures. Les personnes ou les touristes passant à 120 Km/h n'auront plus le temps de voir les animaux le long de la route ou les papillons devant la voiture. Où alors ils les verront peut être collés sur le pare brise et le radiateur. L'aventure ne sera plus ce qu'elle était.
Le long de la route nous croisons des Mennonites. Ces gens d'origine allemande, sont des anabaptistes. Ils refusent le modernisme et essayent de vivre comme il y a 100 ans, sans le progrès. Vers 15 ans ils refusent la guerre et le port des armes. Ils ignorent toute hiérarchie et se doivent entraide mutuelle. Ils sont reconnus pour leur rigueur et leur savoir-faire dans l'agriculture.
Ils traversent le village sur leur charrette à 4 roues. On dirait des gens d'un autre âge. Ils pourraient jouer dans "la petite maison dans la prairie". Nous percevons qu'il y a quand même un changement depuis 1989 car les jeunes nous font signe de la main. Nous rencontrons dans cette contrée un mennonite marié avec une bolivienne. Cela n'était pas possible il y a seulement 10 ans.
Au Paraguay, seul le chef de famille nous avait parlé. Les femmes ne nous regardaient pas, - pourtant j'étais plus jeune -, et n'adressaient même pas la parole à Jocelyne.
Nous dormons ce soir à El Limon. Petit bourg de 57 habitants sur la route de Puerto Joffre. Nous garons le camping car sur le terrain de foot. Un monsieur s'approche et vient discuter avec nous. Sa fille nous offre un café brésilien bien sucré. Charmant accueil.
Depuis que nous sommes rentrés dans la partie chaude de la Bolivie nous ne voyons plus les enfants mendier le long de la piste. Ici il y a beaucoup de fruits et les enfants ne meurent pas de faim. C'est vrai que la misère est moins pénible au soleil.
Nous montons le camp et c'est les écritures pour nous 2.
Le 7 / 07 / 05
La piste vers Puerto Suarez est vraiment très fatigante. Les 240 km qui nous séparent de cette ville frontière sont à faire avec douceur. Le camion est soumis depuis 3 jours à des vibrations constantes, plus ou moins fortes. Les vis de la batterie, de l'échelle arrière et de la fermeture du capot sont parties. Chaque matin je fais l'inventaire de ce qui manque et avec la clef de 10 je resserre les boulons.
Un camion, dont le chauffeur s'est endormi est planté dans la terre en pleine gauche. Cela fait 4 jours qu'il essaye avec de l'aide de le dégager à la pelle. Sous le camion il y a un vide d'une hauteur de plus d'un mètre. Seules les roues sont encore sur de la terre ferme. On dirait une sculpture sur son piédestal.
Le chauffeur estime encore 2 à 3 jours de travail pour le dégager. C'est pour cela que nous nous interdisons de rouler la nuit. Si vous vous prenez un 35 tonnes en pleine figure cela doit faire très mal. Lui ça doit le réveiller brutalement et vous vous endormir pour un bon moment.
Nous arrivons à Puerto Suarez. Il faut faire la queue pour faire le plein de gasoil. Des camions sont devant nous et chargent des milliers de litres de carburant. Après plus d'une heure d'attente mon tour vient et nous faisons le plein de 125 litres pour 50 €.
Sur la piste, dans les stations précédentes, les voitures attendaient depuis 3 jours l'arrivage du camion ravitailleur. Nous ne pourrions plus vivre dans ces pays où aujourd'hui il manque du gasoil, le lendemain c'est la coupure d'eau et le soir pas de lumière. En 1972 on était jeune et l'on supportait déjà mal ces moments, alors aujourd'hui...
Le 8 / 07 / 05
Juste avant la frontière, je fais le plein une dernière fois avant de passer la douane car le gasoil est 2 fois plus cher au Brésil qu'ici en Bolivie. Je me présente à la pompe et je tombe sur un rigolo qui se fout un peu de moi. Il sert les autres voitures et ensuite vient faire le plein de mes 2 réservoirs.
Une fois les pleins terminés, il me demande 85 Boliviens. Lorsqu'il a démarré le remplissage de mes réservoirs, j'ai vu que le compteur du distributeur n'était pas à zéro. Je lui dis que ce n'est pas possible, ayant fait le plein hier au soir à moins de 10 Km de là, qu'il ait pu mettre 30 litres. Je commence à monter le ton et lui dire ce que je pense de ses manières lorsque qu'intervient un automobiliste Bolivien. Il me demande ce qui se passe. Je lui explique que ce petit con veut me voler.
Le pompiste dit avoir oublié de remettre la pompe à zéro. ( C'est pour cela qu'il servait les autres voitures avant moi pour gonfler l'addition ). L'automobiliste Bolivien est vraiment en colère du comportement de son compatriote. Il est gêné et me dit de partir sans payer. Je veux voir le gérant mais malheureusement il n'est pas là. Le pompiste me dit lui aussi de partir, sans payer, mais lui vraiment sans aucune gêne.
Ce genre de comportement en Amérique du sud n'est plus très fréquent, mais cela confirme qu'il faut toujours être vigilant car les resquilleurs n'ont pas de pays. Au Chili, Brésil, par contre c'est un exemple d'honnêteté. Les pompistes vous font remarquer que les compteurs sont à zéro avant de démarrer le remplissage.
Arrivée à la frontière Bolivienne. En 3 coups de cuillère à pot les papiers pour la sortie sont faits.
Je constate que dans certaines douanes d'Amérique du sud les douaniers ne montent dans le camping-car que pour vérifier si nous ne transportons pas d'autres personnes. Les trafics d'enfants et d'organes qui existent, justifient cette vérification.
Frontière Brésilienne: c'est toujours le même problème. Il faut passer la douane, aller au centre de Corumba, chercher la Police des frontières, faire l'entrée dans le pays avec un tampon sur le passeport ( Attention il faut le carnet de vaccination à jour, pour la fièvre jaune, venant de La Bolivie ) et ensuite refaire les 8 Km pour retourner à la frontière. A ce moment seulement, ils vous font l'entrée du véhicule.
En tout nous ferons 25 Km aller retour, plus les 3 ou 4 bureaux à trouver en ville. Le chemin de croix commencé ce matin à 9h30, est fini vers 15 H. Ca a été la douane la plus longue à passer jusqu'à maintenant. Heureusement que nous parlons espagnol et que le portugais ne nous est pas inconnu. J'imagine que pour les personnes ne parlant pas la langue, cela doit être long et pénible pour elles. Et encore nous sommes dans des pays où les gens sont très sympas et cherchent à vous aider. Mais c'est aussi cela le voyage, les tracasseries douanières.
C'est quand même mieux qu'en 1989 car nous n'avions pas eu de douane au Brésil, venant du Paraguay. Ce sont nos amis Lucio et Vanda qui nous avaient fait les papiers d'entrée à Brasilia car ils travaillaient au gouvernement. Bien sur à cette époque le journal de l'opposition au président de la république s'en était donné à cœur joie et avait titré : "Le Brésil ou l'on peut entrer comme dans un moulin", avec le camping-car en première page.
Nous partons vers le Pantanal, sud du Mato Grosso. L'Amazonie est plus connue que cet endroit, mais le Pantanal reste le coin le plus favorable pour voir des animaux.
Le Pantanal est une plaine qui part du Nord du Paraguay et remonte le long de la Bolivie et du Brésil. Sa surface couvre 230000 Km2 un peu moins que la moitié de la France. Ce grand marécage est une cuvette, vestige d'une mer intérieure.
La saison des pluies fait monter les eaux du fleuve Paraguay et de ses affluents et inonde toutes les terres sur plus de 1500 Km de long.
Des capibaras, sortes de cochons sauvages traversent devant nous. Dés que l'on arrête le camion, ils disparaissent dans les hautes herbes et les marécages qui bordent la piste de chaque coté.
Tous les 50 m nous nous arrêtons pour filmer et prendre des photos soit des Tiyuyus ( emblème et animal fétiche du Pantanal de la famille des cigognes), soit des jacarés ( de la famille des crocodiles "caïman" identiques aux alligators ).
Le soir au coucher du soleil les petites perruches se rassemblent sur un arbre mort. On dirait une portée de musique avec les notes qui se balancent. Plus loin, un ara fait entendre son cri rauque. C'est la chanson de l'ara. Nous trouvons un coin pour passer la nuit à coté d'une lagune vers un pont.
Au petit matin, après le petit déjeuner, nous voyons une loutre qui pêche dans cette retenue d'eau. Je descends au niveau de l'eau pour la filmer. Après un petit moment d'observation, elle arrive doucement et vient sur moi. Je ne sais pas quelle attitude prendre. Elle avance doucement, devant la caméra. Nous verrons la loutre passer et repasser.
Encore une qui veut faire son cinéma. Je crois que c'est Georges Bernard Shaw qui disait "toutes les femmes sont des comédiennes à part quelques actrices ". Il n'avait pas encore étudié les bêtes et ne connaissait pas encore cette loutre.
Je remonte sur le terre plein où est garé El Pitchi et je vais appeler Jocelyne. La loutre me suit tranquillement jusqu'au camion.
Elle arrive à monter les escaliers du camping-car et à s'enfiler partout. Elle nous met un souk pas possible. Elle grimpe même dans la capucine et farfouille entre les duvets et notre linge. Il faut la faire sortir de là car en plus elle salit tout. Il y a un morceau de poulet dans le frigo. Un morceau de blanc SVP. Par l'odeur alléché il disait. Non sans mal, nous arrivons à la faire descendre de la capucine et du camping-car.
Mais elle est têtue. Les escaliers sont remontés et elle essaye quand même d'escalader jusqu'à la porte. 3, 4 fois elle glisse et se casse la figure, mais elle recommence.
Il nous reste des os de poulet que nous gardons pour les chiens le long de la route. Je lui donne un os à ronger et qu'elle nous fiche la paix. Il faut la voir manger l'os. Un vrai glouton. Bien sur nous nous en donnons à cœur joie pour les photos et les films. Elle est assez malicieuse, car elle vient vers nous, se frotte contre le pantalon et repart vers El Pitchi, d'un air de dire " je suis sur que ça en reste encore". Au bout d'un moment de ce petit jeu, rassasiée elle se couche prés du pied de la caméra et reste tranquille.
Nous pouvons donc filmer à notre aise les oiseaux à têtes rouges et 3 autres sortes qui entourent le camping-car. Les petits perroquets verts font un vacarme incroyable en faisant leur nid.
Quand nous décidons de partir de ce coin merveilleux il est plus de 10 heure. Nous nous sommes quand même levés à 6h30 ce matin.
Il faut visiter cette partie du Brésil de juillet jusqu'en octobre, mois de sécheresse. Les points d'eau s'assèchent doucement, et tous les animaux se retrouvent autour du peu qui reste.
Dans ces endroits où les poissons sont pris dans les filets de la chaleur des lagunes qui se rétrécissent de jour en jour, se regroupent toutes les classes d'oiseaux, cigognes, ibis, martins pêcheur, Jaribus, cormorans, butors et aigrettes qui se croisent avec les jacarés. Les capibaras et les cerfs sont là plus pour les jacinthes d'eau que pour les poissons.
Le 9 / 07 / 05
Nous nous arrêtons pour passer la nuit à la Posada Santa Clara, ferme de plus de 800 vaches.
Le camping-car est au même endroit où il y a 16 ans nous avions dormi sous ce même grand arbre centenaire à l'entrée du parc.
Les enfants avaient passé la nuit dehors, dans des hamacs, dévorés par les moustiques et dérangés par les poules qui venaient picorer sous eux.
Ce matin, nous, nous sommes réveillés par un boucan pas possible. Ce sont 3 toucans qui font un tapage diurne. Ensuite ce sont les perroquets verts qui se mettent de la partie. Des bandurias avec leurs cris de trompette s'envolent. C'est le réveil en fanfare de cette partie de la selva du sud du Mato Grosso.
De bon matin, regarder passer au-dessus de nos têtes des aras cela vous met n'importe qui de bonne humeur pour le restant de la journée. Un arc-en-ciel vivant passe dans le ciel.
Départ pour la suite du voyage. Le Pantanal nous offre à chaque pont ( plus d'une centaine sur ce parcours) un rassemblement d'animaux. Pas moins de 7 sortes d'oiseaux dans une lagune qui s'assèche, en plus des jacarés et des capibaras.
Les possesseurs de 4x4 de la ville de Campo Grande ou de Sao Paulo passent à une vitesse incroyable sur cette piste. Ils se croient encore sur l'autoroute. Les fourmiliers morts au bord de la piste témoignent de la vitesse de ces prédateurs modernes, pauvres d'esprit.
Nous arrivons sur la route goudronnée. 1300 Km nous séparent de Campinas où vivent nos amis. Ces routes bordées sur des km, et quand je parle de Km ce sont des 50 Km, de canne à sucre, de blé, de tournesol, de champs où paissent des vaches européennes et (ou) des zébus.
Il y a aussi des champs de maïs à 80 % transgénique. Mais que fait José? Bien sur qu'il a raison car bientôt, en plus d'écouter tous la même musique, de rouler dans les mêmes voitures, de monter dans les mêmes marques d'ascenseurs, nous mangerons tous la même cochonnerie.
Le long de la route et de l'autoroute nous croisons des vagabonds poussant des charrettes ou alors chargés de ballots. Ils ramassent ce qu'ils trouvent pour le revendre. Ici ça change des enfants de l'altiplano.
Il y a aussi parfois, le long de la route, des filles, qui semblent attendre le bus. Elles sont sympas car elles montent dans les camions et expliquent sûrement aux chauffeurs l'itinéraire de la route à prendre. Il y a des chauffeurs qui doivent comprendre plus vite que d'autres car le temps passé dans les cabines est variable.
Je veux m'arrêter pour les aider. Jocelyne me dit que ce n'est pas la peine, elles n'ont pas faim et quand je serai plus grand elle m'expliquera. Je me demande bien ce que veulent ces filles !!!
Les stations de service du Brésil sont en tête du classement toutes catégories de l'Amérique du Sud. Il y a de tout. En plus de pouvoir prendre des douches gratuitement dans des endroits très propres, vous pouvez vous mettre dans un coin de la station et passer la nuit tranquillement. Personne ne vous demande rien. Chacun vit sa vie. C'est vraiment le top des tops. Pour le bruit de la nuit c'est autre chose il vaut mieux mettre des boules quies.
Le 20 / 07 / 05
Nous reprenons la route du sud en direction de la frontière de l'Uruguay. Sur cette belle route goudronnée, nous pensons à la semaine que nous venons de passer chez nos amis. Ana et Williams sont des gens merveilleux comme savent l'être les Brésiliens et eux encore plus.
Nous fréquentons pendant ces 7 jours, dans l'île de Ilhabela, l'univers de la voile, des aventuriers et des skippers. Pour eux les mauvaises routes s'appellent grain, déferlantes. Les pannes haubans cassés ou focs déchirés.
D'écouter ces récits, cela nous change du monde des camping-caristes, mais tout aussi intéressants et plein d'anecdotes.
Quand vous vivez parmi les gens qui ont presque une femme de ménage dans chaque pièce, cela vous fait tout drôle de ne rien faire. Nous sommes bien sur cocolés, chouchoutés, maternés. L'argent ne fait pas le bonheur mais ça sert à faire les commissions. Ca sert aussi à mettre du beurre dans les épinards et en même temps à acheter les épinards.
Où sont nos petits de l'altiplano? Loin très loin mais nous y pensons. Un monde les sépare.
Ce soir El Pitchi nous paraît un peu petit après cette semaine dans des villas de plus de 300 m2 mais nous serons nous en contenter et retrouver vite nos habitudes vagabondes.
Le 21 / 07 / 05
450 Km de routes et d'autoroutes. Au dos des tickets du péage de l'autoroute il y a les photos d'enfants disparus. C'est une bonne façon de sensibiliser et de participer à la recherche de ces enfants.
Le 22 / 07 / 05
350 Km de route merdique. Pluie et brouillard. Cela fait 5 jours que nous n'avons plus d'amortisseurs. Avec la route pas très bonne lorsque l'on prend une bosse, il faut supporter pendant un bon moment le balancement, qui déporte aussi le camping-car. En plus les pneus commencent à être lisses.
Lors d'un freinage brusque, avant hier, El Pitchi a fait plus de 10 m sans s'arrêter et a glissé sur la chaussée mouillée et grasse. Nous avons vu l'arrière du camion qui était arrêté devant nous, d'assez près. Le camping-car s'est arrêté sans dommage. Cela a été un avertissement sans frais et sans freins
Nous sommes au péage après Vacaria. Il y a un brouillard très dense. Nous sommes arrêtés par la police de la route. Le jeune gradé nous demande le "papier" que nous n'avons pas: la traduction en Portugais du permis de conduire. Nous lui expliquons qu'il y a 15 jours que nous voyageons au Brésil, que nous avons fait nos papiers d'entrée à la douane, que nous avons rencontré 20 fois la police de la route et qu'à chaque fois ils nous ont dit : Todo bem, bom viagem.
Après 40 minutes où ne démordons pas il nous laisse partir, non sans nous faire la morale: << Que même si venait le président de la république française ici, il lui faudrait ce papier>>. Je vois bien Chirac et Bernadette en camping-car visitant Porto Allègre et que s'il n'avait pas ce papier il payerait 200 dollars d'amende et le véhicule serait confisqué. Et en plus faisant du stop, quel scoop pour le canard enchaîné! La famille Bidochon en voyage
Lors de notre entrée à la frontière, à aucun moment il n'a été question de traduction du permis de conduire international. Nous avons quand même fait 4 bureaux et avons vu des gens sympas pour nous expliquer ce qu'il fallait faire comme papiers.
Les 2 gendarmes nous rendent nos papiers et nous laissent partir. Le chef du péage me fait signe de venir le voir. Il nous offre un café pour nous remettre de nos émotions.
Nous trouvons un coin superbe pour passer la nuit, dans la verdure de cette jungle où s'entremêle la végétation luxuriante du climat chaud et humide.
Le 23 / 07 / 05
Nuit tranquille au niveau bruit des camions, car peu de trafic; mais j'ai eu la bonne idée de me mettre sous un grand arbre qui toute la nuit va s'égoutter sur la cellule.
Au début c'est sympa. C'est un doux crépitement. Une heure après la pluie fait des claquettes. 2 heures après c'est un léger martèlement. 5 heures après c'est la cavalerie légère qui passe sur le toit. 7 heures après en plus de la cavalerie c'est le défilé du 14 juillet. 9 heures après tu te lèves crevé, morose et "grinche" pour la journée.
Je n'aime pas en plus du bruit, ces nuits blanches qui donnent des idées noires. Je rumine à propos du camion, des pneus lisses, des amortisseurs qu'il faut aussi changer.
Il pleut encore, conduire le camion dans cet état est une galère. Le liquide du radiateur qui fout le camp ce n'est pas normal, le témoin de chauffe qui se rallume lorsque le camion roule, la barre de direction qui a du jeu, etc.
Je pense aussi que le voyage prend fin et que les problèmes que nous avions mis en vacances eux aussi vont revenir. Pour cette fin de voyage nous subissons plus que nous participons. Il faut aussi que l'on retourne à Trelew à plus de 4500 Km d'ici pour régler un problème, ce qui shunte plus d'un mois du voyage. La nuit tout semble prendre une autre dimension.
La journée se passe à rouler et se rapprocher de la frontière de l'Uruguay. En ski cela s'appelle une journée blanche car tu ne vois rien. Ici j'appelle cela une journée grise comme le temps.
Jocelyne comme à l'accoutumé sait me redonner le punch.
Le 24 / 07 / 05
Nous avons couché au bord de la plage à Sao Lourenzo. Un coin formidable, tranquille. C'est l'hiver et ici ne résident que les retraités.
Le matin il est assez marrant de voir des personnes avec un grand bol, genre de coloquinte retournée, boire leur mate. Le thermos d'un coté et dans l'autre main le bol, ils discutent au soleil. Des gens sont au coin de la rue avec leur attirail. Nous sommes rentrés dans la partie sud du Brésil. Les personnes d'ici sont comme les Argentins, les uruguayens et les paraguayens. Le maté est leur boisson favorite.
Nous traversons le parc de Taim. Il est interdit de s'arrêter sur cette route étroite. C'est dommage car les animaux sont au bord la route. Nous faisons une drôle de découverte, des espèces de gros dindons de la famille des cigognes qui vont par couple. Ils paissent tranquillement dans les marais. Ils poussent de drôle de cri, mais rien de bien de mélodieux.
Le 25 / 07 / 05
Nous passons la frontière brésilienne. Les papiers sont faits en un clin d'œil par des douaniers énergiques, efficaces et sympas.
Nous lisons sur les papiers qui sont affichés, qu'il faut une carte verte. La carte verte c'est le titre de propriété du véhicule, l'équivalant de la carte grise. C'est juste une question de couleur. Mais en aucun cas la traduction du permis de conduire en portugais est demandé. Nous demanderons à l'ambassade du Brésil en France que les frontières accordent leurs violons. Il est vrai que le Brésil c'est 25 fois la France en superficie et que l'entrée du coté Bolivien peut changer avec l'entrée du coté de la Guyane ou du coté de l'Uruguay.

Nos vemos mas tarde


Bilan de santé :

Le camion : beaucoup de petites choses en plus des pneus et amortisseurs

Pour Jocelyne : RAS

Pour moi : RAS

Brésil

Gasoil 0,57 €
Camping une nuit de 2,5 à 9 €
Douche dans une station 0 €
Nuit d'hôtel 30 €
Un hôtel classe 120 €
Petit déjeuner de 3 à 6 € pour 1 personne
Entrée musée de 1 à 3 €
1 heure d'Internet 0,50 €
Un litre de lait 0,55 €
Un kg de viande 1 à 8 €
12 œufs 0,60 €
Empanada 0,35 € chausson à la viande
Beurre 200 gr 0,75 €
Poulet cuit 8 €
Poulet à cuire 5 €
1 Kg de tomates 0,50 €
1 Kg de haricots 0,70 €
Une baguette de pain 0,22 €
 Auteur : Clap
N* 12 La boucle est bouclée
ll faut vivre comme on pense, sinon tôt ou tard on finit par penser comme on a vécu.

Paul Bourget


Non les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux chantait Brassens. Pour nous, nous essayons de vivre comme nous pensons.



Le 25 / 07 / 05
L'arrivée à Chuy est assez pittoresque. Une rue sépare le Brésil de l'Uruguay. D'un coté de la rue on paye en Réals, on parle Brésilien et en face c'est en pesos Uruguayen et l'on parle espagnol; cependant les 2 acceptent les dollars et l'euro. Si au Chili et dans le reste du Brésil les banques changent difficilement les dollars et les €, ici pas de problème. Ils savent que le bisness passe par les devises.
Si on ne sort pas du centre ville on n'a pas besoin de visas pour aller d'un coté ou de l'autre de cette rue.
Nous allons quand même faire tamponner nos passeports. Demain nous repasserons la douane avec El Pitchi en faisant les papiers d'entrée du véhicule.
Nous recherchons des pneus et des amortisseurs. Ce n'est peut être pas l'endroit le moins cher d'Amérique du Sud, mais nous ne pouvons pas prendre le risque de continuer à rouler avec le camion dans cet état. Bien que les douaniers et les gendarmes soient sympas vu l'état des pneus, Ils auraient raison de refuser l'entrée du véhicule. Le pneu arrière gauche part en morceaux.
Nous nous mettons d'accord avec un garagiste et changeons le tout pour 900 €. 4 pneus et 4 amortisseurs renforcés. Nous faisons réparer aussi le radiateur. Nous avons trouvé la fuite. Démontage du coté Uruguayen, et nous croisons la rue pour faire souder le radiateur du coté Brésilien. Ici les gens parlent aussi bien le Brésilien que l'Espagnol.
Nous passons la nuit à 8 Km de Chuy, dans le petit village de 18 de Julio très tranquille au milieu des champs, dans la campagne. Ca nous change du bruit des camions.
Ce matin nous changeons les amortisseurs et prenons la direction du sud. La route prés de la cote est bordée de champs où paissent les bêtes. Il y a beaucoup de contrôles sanitaires pour éviter la propagation de la fièvre aphteuse. Les coins pour dormir prés de la plage sont sympas et calmes mais heureusement nous sommes hors saison. Cela doit être infernal, le bruit en été.
Nous arrivons à Montevideo. La capitale et le pays lui-même paraissent vivre au ralenti. Il reste des vieilles voitures qui circulent encore et donnent en plus un coté nostalgique.
Le choc est moins grand qu'en 1972 lors de notre 1er passage. 90% des véhicules étaient d'un autre age. C'était un vrai musée de l'automobile roulant. Les collectionneurs sont passés par-là et il ne reste que quelques exemplaires bordant les trottoirs. Des Fords A de 1930, des 4 CV et des Cadillacs des années 50.
Nous trouvons facilement la Carreta de Beloni. C'est une grande sculpture en Bronze qui représente les premiers arrivants avec leur charrette à bœufs. Nous prenons la traditionnelle photo devant le monument. Nous sommes passés ici en 1972 tous les 2, en 1988 avec les enfants et avions marqué ce passage par la photo. La charrette n'a pas changé, nous un peu vieilli. Nous lui donnons rendez-vous dans 16 ans avec les petits enfants. Quien sabe?
Direction Colonia del Sacramento, ville Uruguayenne en face de Buenos Aires. Ville agréable et tranquille. Si durant notre voyage nous avons trouvé des coins de la planète qui ne nous paraissaient pas achevés, ici, le coucher de soleil sur le Rio de la Plata est une pure merveille.
Nous visitons cette ville coloniale engourdie pour la saison. Prendre un café même en cette période sur une terrasse, bercés par Adriana Varela qui chante un candombé, musique afro-cubaine propre à cette région de l'Amérique du sud, est un moment à ne pas rater.
Nuit très sereine sur le port vers les remparts.
Le 28 / 07 /05
Déjeuner sur le port avant l'embarquement pour Buenos Aires. Le voyage dure 1 heure. Douane très simple à passer. Juste les papiers pour le camping-car à régulariser.
Nous profitons de passer à Buenos Aires pour confirmer nos passages retour sur le San Paolo, le 27 août. Apparemment c'est bon. Il y a plus de 6 mois que nous nous sommes mis en contact avec la société de transport. J'ai du envoyer plus de 25 mails pour arriver à coordonner banque, virement, bureaux à Buenos Aires. Pas simple de voyager!
Nuit sur le port à coté du navire école Chilien. Ce soir il y a une réception car dimanche il reprend la mer vers Ushuaia et Valparaiso. Il est totalement illuminé et se reflète dans l'eau calme du port. Belle image.
Le 29 / 07 / 05
Départ pour le sud et la patagonie. Depuis notre entrée au Brésil cela fait 7000 Km que nous longeons des cultures et des prés. C'est assez monotone. Nous voyons des ragondins et des Tinamous huppés le long de la route.
Après Las Grutas, voulant m'arrêter sur le bord de la route, une voiture me double et me klaxonne. Comme c'est assez fréquent ici en Amérique du Sud, je réponds par un coup de klaxon. La voiture s'arrête, recule et se place devant El Pitchi.
La personne qui descend me parle en Français. Ce sont des français qui habitent à 20 Km de Saint Pierre en Faucigny. Ils sont en vacances en Argentine et sont tout étonnés de voir une plaque Française et en plus 74. Nous discutons pendant 1 heure de voyage. Il pleut et il fait vraiment froid. Ar'vi pa, et nous nous reverrons en Haute Savoie.
Nous retrouvons les gauchos dans les campos. Gauchos, ces hommes libres, symboles de l'Argentine. Le mot gaucho vient de gauchou, qui désigne un orphelin de père ou de mère. Les gauchos étaient à l'origine des enfants d'indiennes et d'espagnols ou bien le contraire destinés à garder les bêtes.
Arrivée à Trelew chez nos amis. Retrouvailles et longues discussions. Nous réglerons nos affaires dans cette ville que nous aimons. C'est l'hiver et il fait froid.
Nous partons pour la péninsule Valdes pour revoir les baleines. Pendant 5 jours il souffle un vent dont la Patagonie a le secret. Le 4X4 retrouve sa fonction première sur les pistes de la péninsule. Enfin, des pistes bien faciles par rapport à celles de l'Amazonie.
Nous dormons prés des plages avec en toile de fond une vingtaine de baleines et leurs petits qui passent dans la baie devant le camping car. Le vent puissant et froid fait hérisser le sommet des vagues. Celui qui n'aime pas le vent ne doit pas venir Ici.
Toute la nuit nous avons entendu le son rauque du souffle des baleines qui se fait l'écho de la présence de plusieurs de ces mammifères dans cette baie très tranquille de Pardelas.
Prés de Puerto Piramides à 300 m de la côte il y a un accouplement. Nous prenons un bateau et passons 1 heure à regarder les débats des mammifères marins. Malgré leurs 15 m de long le ballet des 5 males qui courtisent la femelle est gracieux.
Nous passons à l'école de Riachelo, village de pécheurs. Les cahutes, enfin les taudis de taule, qui entourent l'école choquent avec cette construction moderne. Les 30 mômes de 4 à 12 ans s'entassent dans une grande et unique pièce. Une cuisine attenante à la pièce leur permet de prendre sur place un bon repas chaud.
Ici les enfants sont beaucoup plus curieux, communicatifs et causants que dans les autres campagnes. Ils sont aussi très turbulents mais plus heureux de vivre que sur les plateaux andins.
Nous passons plus d'une heure avec ces enfants, à répondre à leurs questions. Nous donnons les derniers cahiers et affaires d'école, cadeaux bienvenus et très appréciés par les instituteurs.
Parfois le bonheur de voir ces enfants rire fait que nous oublions volontairement l'appareil photos dans son sac et c'est très bien ainsi. De même lorsqu'il y avait trop de "souffrance" sur les visages, la dignité nous imposait le silence photos. Il y a des moments où le vécu ne peut être collé sur le papier.
Nous n'avons pas oublié un des buts du voyage. Dans les villes il est plus difficile de cibler les besoins. Le linge qui nous reste, nous le donnerons à Buenos Aires. Il y a les "cartoneros"
Nous sommes conviés pour le mate. Il ne faut jamais refuser un mate, symbole de l'amitié, de la communication et de du bon accueil.
Cette herbe originaire du Paraguay a des vertus extraordinaires. Elle stimule les fonctions de l'estomac et intensifie les mouvements respiratoires. Elle supprime la sensation de faim et chasse les migraines.
Nous parcourons encore une dernière fois les étendues patagoniques de la province du Chubut. Nous nous promenons sur les plages qui n'en finissent pas d'être malmenées par le vent qui lui ne faiblit presque jamais. De ces longues promenades nous rentrons ivres, les joues en feu et pleines de couleurs. Le soir, dans le camping car, nous sommes ballottés par les rafales du vent violent. Le camion souffre du froid et recommence à gémir. Le chauffage est de mise pour casser cet air humide et froid.
Nous voyons une quinzaine de toninas overas noires et blanches endémiques à la Patagonie, jouer avec les vagues. Elles sont un peu plus petites que leurs cousins les dauphins. Un Phoque curieux sort la tête de l'eau et nous contemple. C'est la faune patagonique qui nous salut.
Le 17 / 08 /05
Nous couchons au milieu des campos, à 50 Km de l'Escorial, petit village de 55 habitants. Durant les 300 km nous n'avons vu que 5 guanacos. Les animaux semblent se cacher pour se protéger du vent.
Le soir au "bivouac", le vent s'est calmé mais il fait toujours très froid. La pleine lune joue avec les collines. La croix du sud est la, bien présente dans son coin préféré. Dans cet endroit de la Patagonie ils ont semé beaucoup d'étoiles.
Le 18 / 08 / 05
Nous sommes sur le territoire des indiens Mapuché et des guanacos. Sur la piste, nous voyons des manades de 40 guanacos. Près d'une maison en ruine un mara s'éloigne en sautant. Plus loin nous apercevons 22 petites autruches qui courent se mettre à l'abri derrière des mattes. La journée est riche en découvertes et rencontres.
2 amis Mapuchés nous donnent en souvenir des pierres de Patagonie et 2 pointes de flèche que nous garderons comme témoignage de cette étendue aride où poussent les pierres. Ils nous donnent aussi un œuf de ñandu. Le vent nous l'emporterons simplement dans nos oreilles.
L'omelette, ce soir est délicieuse mais un peu grosse pour 2 personnes. Cela représente environ 7 œufs de poule. Nous conservons la coquille verte de l'œuf.
Nous passons les derniers jours en Patagonie chez nos amis de Trelew. Nous faisons une interview à la radio Chubut et dans le journal du même nom pour raconter notre aventure. Les gens sont intéressants et intéressés.
C'est la commémoration de la tuerie que nous avons vécu en 1972, ici à Trelew. Des prisonniers politiques, opposants au régime militaire et à sa dictature, ont été massacrés dans la prison militaire de Trelew. 3 ont survécus (momentanément) et ont témoigné par leur récits de ce terrible moment. Il est sorti un film sur cet événement (le titre du film Trelew ), qui relate les douloureux épisode de cette époque.
Nous même nous avons été arrêté plusieurs fois par les patrouilles militaires à cette époque. Ils révisaient complètement la voiture, jusqu'à démonter les sièges de la 2 CV pour contrôler si nous transportions des armes. Ils révisaient aussi nos bouquins pour contrôler nos lectures.
En 1972 quand est sorti le livre "La Patrie fusillée", il se vendait sous le manteau. Il était interdit et il ne fallait pas se faire prendre avec ce genre de lecture. Les militaires prenaient cela pour être des sympathisants à ces mouvements révolutionnaires.
Le 21 / 08 / 05
La route goudronnée pour Buenos Aires nous paraît longue et monotone. Nous retraversons cette Pampa en pensant à la chanson "Adios pampa Mia, adios me voy a tierras estrañas". Pour nous les terres que nous allons retrouver ne nous sont pas inconnues.
2 jours et demi pour faire les 1500 Km. Des pluies torrentielles s'abattent sur Buenos Aires. Le grand BA est sous 50 cm d'eau. C'est vrai que cela manquait à notre répertoire, les inondations.
Nous garons El Pitchi sur le parking du port. C'est en sécurité ici nous sommes prés de la préfecture maritime. Le parking est gardé, et il y a plein de flics dans les alentours. Nous payons 1,5 € pour 24 heures de stationnement. Ce n'est pas le calme des campos de la patagonie. Ici, le matin, le réveil se fait d'un coté par les militaires sur les frégates, de l'autre par les voitures qui passent sur l'avenida Moreau, aussipar les avions en phase d'approche qui se posent sur Aéroparque et enfin par les bateaux qui partent vers l'Uruguay. Par contre ce qui est bien c'est qu'on sait toujours d'où vient le vent !!!. Il faut être positif dans la vie.
Nous parcourons la calle Florida en long, en large et en travers, enivrés par la musique du tango qui est constante sur cette fameuse rue piétonne. C'est une overdose des classiques milongas, tangos et autres folklores. Nous laissons là nos derniers pesos en souvenirs musicaux.
Le jeudi, Les mères tournent toujours sur la place de Mayo. Les folles de mai, comme on les appelle ici, recherchent encore aujourd'hui un enfant disparu pendant l'époque des militaires.
Nous réglons nos dernières affaires ici. Arrêter la cotisation à Aca (automobile club Argentin), téléphoner en France pour reprendre l'assurance du camping-car, faire le plein, car le gasoil est moins cher qu'en France, laver El Pitchi pour qu'il soit présentable à son arrivée en Europe, etc.
Nous prenons des renseignements sur l'arrivée probable du Grand San Paolo sur lequel nous allons embarquer. Ils ne savent pas encore la date exacte. Dernière nouvelle nous embarquons le lundi 29 / 08 / 05 à 11 heure.




Nos vemos pronto


Bilan de santé :

Le camion : Les fenêtres ne sont plus étanches

La caméra : moteur grillé

Pour Jocelyne : RAS

Pour moi : RAS


Il n'est pas nécessaire d'avoir un carnet de passage en douane pour le camping car en Uruguay.


Uruguay

Gasoil 0,57 €
Camping une nuit de 2,5 à 5 €
Douche dans une station ? €
Nuit d'hôtel 30 €
Un hôtel classe 120 €
Petit déjeuner de 3 à 6 € pour 1 personne
Entrée musée de 50 à 2 €
1 heure d'Internet 0,40 €
Un litre de lait 0,55 €
Un kg de viande 1 à 10 €
12 œufs 0,60 €
Empanada 0,35 € chausson à la viande
Beurre 200 gr 0,70 €
Poulet cuit 3 €
Poulet à cuire 2 €
1 Kg de tomates 0,75 €
1 Kg de haricots 0,70 €
Une baguette de pain 0,27 €
 Auteur : clap

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