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PREPARATION

Pourquoi partir ?
Partir à l'aventure c'est quoi ?
Comment préparer le voyage ?
Comment partir ?
Quel itinéraire ?
Les destinations
Quand partir ?
Le budget
La vitesse ?
Voyager avec qui ?
Extrait du journal de bord (Bolivie)
Extrait du journal de bord (Quito)
Extrait du journal de bord (Camaruco)
Extrait du journal de bord (Puno Maquégua)

MATERIELS ET EQUIPEMENTS

    Véhicule
    Camping
    Matériel de cuisine
    Réserves
    Chaussures/Vêtements
    Entretien/Toilette
    Pharmacie
    Papier/Guide

Préparation

Pourquoi partir ?

       Pourquoi partir si loin pour voir des gens que l’on ne connaît pas Alors qu’il y a des gens ici que l’on connaît et que nous n’allons pas voir Réflexion de Laurent Porret lors de notre voyage en 1988 ( il avait 10 ans )

       Il y a plein de raisons pour partir, et certainement beaucoup d'autres pour rester à la maison. A chacun sa joie de vivre et sa façon de vivre. Nous ne sommes pas tous pareils et la diversité fait la beauté des peuples, des cuisines, des cultures, des paysages, etc. Pour nous le choix est fait depuis 35 ans.

       Pour Jocelyne le temps des 2 ans restant à travailler aurait pu s’écouler sagement entre quelques prises de sang, quelques examens complémentaires et quelques jours de congés payés .

       Pour moi dans un bureau, à attendre patiemment la retraite, un peu de vacances, un peu de travail et nous serions arrivés cahin-caha à la date de la retraite du mois de juillet pour Jocelyne et d’avril pour moi 2006

       Pour nous, partir c’est la joie des découvertes et le plaisir de la liberté. La soif du dépaysement, de rencontres nouvelles ou insolites, de fuir la foule, le clinquant et l’artificiel. C’est la solitude des grands espaces, même si ceux ci n’offrent que dénuement et désolation. C’est savoir écouter le chant non pas des sirènes mais celui de la symphonie du vent de Patagonie. C’est aussi d’être à part, d’assumer ses goûts et d’affronter l’incompréhension ou la désapprobation de certains. Nous ne jugeons pas les autres, nous essayons de les comprendre. Si vous partez pour fuir vos problèmes, ils vous rattraperont à votre retour. Notre devise est celle de Henri de Monfreid " il faut avoir quelques choses à raconter à ses petits enfants ". Nous n’avons pas encore de petits enfants, mais Jocelyne et moi avons beaucoup à raconter.

       Partir signifie rompre avec le quotidien, se remettre en question tous les jours devant l’inconnu, se trouver en déséquilibre, quitter ses repaires, quitter le sentiment de sécurité apporté par tout ce qui nous entoure, famille, amis, confort, etc. .        Partir, c'est se remettre en question et parfois dans les moments délicats se dépasser et s’apercevoir que nous sommes capables de faire des choses et d’avoir un comportement qui nous étonne nous même.

       L’age n’a rien à voir pour partir, le moteur, c'est la motivation. Et la motivation vous l’avez à 16 ans, à 20 ans comme à 70 ans, d’accord les jambes ne suivent pas de la même façon. Notre motivation c’est de découvrir, de rencontrer, d’aider, de raconter. C’est aussi le mot liberté Pour nous ce voyage en Amérique du sud, est aussi un pèlerinage, ce sera la 3 ème fois que nous parcourons l’Amérique du Sud


1) pendant 6 mois en 2 CV et une tente ( 1974 )
2) pendant 11 mois en camping car avec les enfants ( 1988 / 1989 )
3) et celui-ci ( 2004 / 2005 )

Partir à l’aventure c’est Quoi ?

Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page". Saint Augustin

       C’est de manger du poisson grillé en Algérie sur la plage jusqu'à minuit, en écoutant ces 3 hommes nous raconter leur vie.

       C’est de casser un ventilateur de 2 Cv en Bolivie en traversant un gué et de faire 1000 Km Aller et retour jusqu’en Argentine et de revenir avec ce sacré ventilo, pendant que Jocelyne faisait son camp et passait 3 nuits avec des indiens à 3800 m d’altitude.

       C’est de boire le maté dans un campement avec les gauchos et de manger l’asado.

       C’est de manger du guanaco, du tatou, du singe, du serpent, et autres…..

       C’est d’être réveillé en pleine nuit par un aborigène qui s’est introduit dans le camping car à Cober Peddy ( Australie ) alors que nous étions dans un camping privé.

       C’est de parcourir 220 Km en 3 jours entre Puno et Moquégua ( Pérou ) et de rester enlisés dans la tourbe, toute une nuit sur l’altiplano, et d’attendre qu’un camion Bolivien passe et veuille bien nous dépanner.

       C’est d’être repoussés à 400 m d’un Camaruco ( fête des indiens Mapuché dans le nord du Chubut, pour avoir une bonne saison et faire venir la pluie ) parce que nous étions blancs.

       C’est de dormir au milieu de la Patagonie avec l’hôtel le plus étoilé du monde, la croix du Sud comme ciel de lit un feu de camp et un morceau de mouton. C’est un fameux trois mats fin comme un oiseau, il ne manquait plus que Hugues Auffray à la guitare.

       C’est de se retrouver un lundi matin à Quito dans une voiture de police, une arme braquée dessus et des propos peu amènes accompagnant le geste d’autorité.

       Ce sont ces petits riens qui nous font des yeux d’enfants, que le bonheur passe parfois prés de nous et qu’il faut savoir en profiter.

       Avez vous remarqué que le verbe être heureux se conjugue toujours au passé. Que le monde dit toujours en ce temps là nous étions heureux et jamais nous sommes heureux. Peut être que ces moments de bonheur, nous avons peur qu’il ne durent pas et c’est pour cela que nous attendons qu’ils se terminent pour le conjuguer.

Comment préparer le voyage ?

L’expérience est une lanterne que l’on porte accrochée dans le dos Et qui éclaire le chemin parcouru. Proverbe chinois (Lao Tseu)

       La préparation fait déjà partie du voyage. Elle permet de rêver, de lire des revues, des documents, des guides, de potasser la géographie, le climat, la politique. La préparation d'un grand voyage est un travail minutieux et une grande jouissance, c'est déjà partir un peu...

       Même si l’aventure laisse une grande part à l’improvisation, nous avons aussi fait preuve d’un minimum d’organisation avant les départs. Notre esprit inné d’organisation et notre expérience nous servent beaucoup pour la réussite du voyage.

Un voyage de 11 mois, ce sont plusieurs mois de préparation qui sont nécessaires pour :


1) prendre la décision de partir
2) préparer la famille à notre départ, pour nous pas de problème, ils sont habitués
3) où partir
4) de s’informer
5) de planifier le projet
6) de budgéter le voyage
7) de trouver un moyen de transport pour se rendre dans le pays, pour nous et le camping car en cargo, 27 jours de mer.
8) de demander un congé sabbatique ou de démissionner
9) d’anticiper sur ce qui peut arriver même si parfois les situations ne dépendent pas de nous Climat, climat politique, manifestations,


Printemps de Prague au mois d’Août 1968, j’y étais
Rafle des opposants à Trelew en 1973, nous y étions
Etat de siège en Bolivie en 1974, nous y étions
Retour du Président Perron en Argentine en 1974, nous y étions
Fin d’un raz de marée dans le port de Valparaiso en 1974 ( Chili ) nous y étions
Routes coupées en Bolivie par le Sentier Lumineux en 1988, nous y étions
D’être rançonner par des flics en Equateur en 1989, nous y étions
De se trouver nez à nez avec des éléphants lors d’un bivouac en Namibie, nous y étions
Et bien d’autres anecdotes ………


10) d’être à jour, pour les vaccins, le passeport
11) de vérifier si il faut des visas
12) d’avoir des dents saines
13) de faire un bilan de santé, de préparer sa trousse de pharmacie
14) de couper le téléphone
15) de louer la maison
16) de payer ses impôts
17) la poste pour le courrier à réexpédier
18) de prendre les assurances pour le voyage

       Maintenant avec les guides, Internet, et autres moyens de communication l’organisation d’un voyage est très facile. Il suffit de lire, d’aller sur les sites voyages, d’échanger les expériences avec d’ autres voyageurs. Il faut quand même un passeport et une bonne dose de patience parfois pour les papiers et les visas.

       Vous pouvez lire tous les guides, les récits qui sont sur le marché, il faut vivre votre expérience, c’est pour cela que les meilleurs moments, les endroits formidables et parfois nos galères ne sont dans aucun guide.

       Pour ne rien oublier avoir un pense bête et chaque fois noter. Ce travail préparatoire doit être fait le plus longtemps à l’avance, ce qui facilite la préparation. Mettre toutes ces notes au même endroit.

Comment partir ?



Il y a plusieurs moyens de partir


1) l’avion, pas de contacts et nous sommes parachutés dans le pays trop rapidement
2) arriver à pied par la chine, trop dur
3) en vélo sur les pistes, pas assez sportifs
4) en bateau, mal de mer pour moi
5) en voiture de location, trop cher
6) à cheval, mal aux fesses
7) en fusée, nous allons attendre

       Pour nous se sera le camping car, comme l’escargot avec sa maison sur le dos, moyen que nous avons déjà testé avec bonheur.

Quel itinéraire ?



Le voyageur ne connaît pas le pays où il va
Le touriste ne connaît pas le pays d’où il vient
( proverbe chinois )


       Lorsque la décision de partir est prise, il faut faire le circuit, qui lui est conditionné par le climat. Nous ne voulons pas nous retrouver à Ushuaia en juillet, hiver austral, où en pleine saison des pluies dans le Pantanal. Les pistes qui sont assez faciles en saison sèche deviennent un enfer lorsqu’il pleut.

Les destinations.

       Le choix est lié à vos affinités. Bien sur il y a des lieux incontournables dans notre voyage, Torres del Paine, Machu Picchu, le lac Titicaca, mais nous essayons de fuir les villes et d’aller à la rencontre, d’aider les personnes isolées sans les assujettir comme le font certaines communautés religieuses où fondations.

Quand partir ?

A chacun son choix dans la date :

       La Famille vous dira mais vous êtes fous d’aller dans ces pays de sauvages. Il y les conseilleurs qui ne sont jamais partis, ou alors 8 jours a Djerba, qui vous dirons tu devrais attendre les beaux jours. Les rabat-joie qui vous diront que ce n'est pas le moment. Les personnes qui s’en moquent et qui ne réalisent pas l’ampleur du voyage. Nous pensons qu’il n’y a pas de bon ou mauvais moment dans sa vie pour partir, le meilleur moment c’est de prendre la décision et d’en profiter. Mais bien sur le bon moment pour voyager se fait avec les saisons selon les pays.

Le budget.

       C’est sur qu’il y a un certain investissement incontournable côté transport, cependant nous choisissons la cabine la moins chère sur le cargo. Les pays que nous envisageons de visiter ont pour notre avantage, un coût de vie très bas par rapport à notre €

ex :
gasoil à 0.40 € le litre
gîte pour une nuit avec petit déjeuner 8 €
prix du Kg de viande 7 à 8 € pour le filet, 3 à 4 e pour les autres morceaux
fruits 1.50 € les 10 Kg pommes, sinon autour de 0.50 e pour d’autres fruits

Nous confirmerons tous ces prix pendant le voyage dans le journal. Il est plus facile de vivre 11 mois en Amérique du sud 3 mois au USA ou au Japon avec le même budget.

Il est bien entendu que pour nous pas " d’Ibiza " ni de dépenses folles. Quant aux arrêts nocturnes, l’Amérique du sud permet encore le camping sauvage dans des lieux déserts tout comme dans les stations service, c’est gratuit.

La vitesse.

       Celle- ci est donnée par les rencontres, les lieux et selon notre inspiration du moment cela peut aller de 20 km en un jour ou 400, de rester 3 jours à observer les baleines ou les manchots, de rester 2 jours dans une école ou plus, des rencontres avec des amis d’un jour où bien de vieilles connaissances. Fort de notre expérience, nous avons choisi de prendre le temps et de ne visiter que 5 pays en Amérique du sud pendant cette année sabbatique. Environ 30000 km en 1 an

Voyager avec qui ?

       Pour nous c’est très simple à deux. Il y a eu beaucoup de voyages en famille avec les enfants, des sorties avec les campings caristes. D’autres personnes préfèrent en groupe, d’autres en solitaires, etc.
Il est vrai que pour vivre 24h / 24 ensemble, il faut une entente parfaite. Ici pas d’échappatoire par la coupure du travail, des réunions le soir, des soirées avec les amis, ou même parfois un film devant la télé .
L’équipe doit être complémentaire et soudée. Sur un voyage de longue durée les petits aléas de tous les jours sapent tout doucement le moral, comme les vagues sur les rochers, la force et les motivations les plus grandes. Mais quand un des deux à le moral en baisse l’autre reprend le dessus, tout cela est un subtil mélange et un équilibre, en quelque sorte une histoire de vases communicants.
Si l’espace réduit de la cellule peut être un élément de tension, il faut avouer que parfois il peut y avoir de l’électricité dans l’air dans 120 m2 d’une habitation.


Qui à dit partir c’est mourir un peu ?
Pour Jocelyne c’est le contraire, partir c’est renaître, rajeunir « même si cela ne se voit pas »
Pour moi, partir c’est crever un " pneu " ! ! ! Bof je sais c’est pas terrible


Extrait du journal de bord



Tenu par Jocelyne Porret pendant le voyage de 6 mois en 2 CV et une tente. Le trajet était de 15000 km , de Trelew ( sud de l’Argentine) jusqu’à Cusco ( Pérou ) en 1974 et en passant par le sud du Brésil

Vendredi 19 avril 1974



       Un camion passe sur la route. Il est 6h30, on se réveille Je prépare le café et Claude révise la 2 CV. Le clairon vient annoncer la montée du drapeau Hier nous avons demandé à des militaires de monter notre tente prés de la caserne car la Bolivie est en état de siége et c’est peut être plus prudent. 8 h tout est prêt, la tente et le matériel de camping sont rangés. La piste est sinueuse. Nous sommes à 3800 m d’altitude sur le plateau de la Bolivie. Il y a des nuages qui courent sur les montagnes. Nous n’avons pas l’impression d’être à 3800 car il y a encore des montagnes très hautes tout autour.

Tout d’un coup un bruit sec vient du moteur. Claude lève le capot et voit l’hélice du ventilateur en morceau. Hier nous avons traversé une rivière . Le lit de la rivière devait faire 100 m de large et en la traversant nous sommes restés bloqués au milieu, dans environ 60 à 80 cm d’eau. Tout flottait dans la 2 CV. J’ai du sortir du coté chauffeur car la force de l’eau m’empêchait d’ouvrir ma portière. Un camion est passé un peu plus tard et nous a tracté sur le bord de la rivière. Le ventilateur a du être fêlé lorsque nous avons pénétré dans l’eau. Claude aurait du enlever le ventilateur de son axe et le remettre après sur l’autre rive.

Le temps n’est pas au " si on avait su, on aurait du ". Le résultat est là, plus de ventilateur pour refroidir le moteur. Ce n’est pas la peine de continuer, en Bolivie il n’y a pas de concessionnaire Citroën. Il faut pousser la voiture et utiliser la descente pour la ramener à un croisement ou l’on a hésité il y a une heure. Nous mettrons 3 heures pour ramener la voiture au croisement.

Il y a 4 a 5 baraques de pisé, des lamas. Le coin est vraiment perdu. Claude va demander la permission de mettre la voiture prés d’un arbre. Nous sommes à environ 200 m des baraques Il y a plein de cactus le paysage est superbe mais nous n’avons pas le cœur à la contemplation.

Il faut prendre la décision de repartir à Tupisa. Du croisement jusqu’ à la ville, la distance est de 37 Km, repasser dans ces montagnes pour pouvoir pendre un train ou un car pour Villazon, frontière avec l’Argentine. Il pleut très fort. Ici pas d’Europe assistance.

Tu prends les papiers et tu pars à pied. Je pleure ; Tu t’en vas, ça pleut, j’ai le cœur serré de te voir disparaître au détour du chemin. Voilà qu’il grêle et tu va être trempé mon amour et en plus il fait froid.

Je reste ahurie dans la voiture. je fais des réussites pour voir comment ça va aller.

La nuit tombe très vite. Je me fais du riz et après avoir grignoté ; Je m’arrange pour dormir dans la voiture en mettant des serviettes sur les vitres de la 2 CV. Le chef du hameau vient pour voir si ça va. Il parle espagnol car il a travaillé en Argentine. Toutes les personnes des maisons ne parlent que le Quetchua. Je m’allonge sur le siége. Je ne peux pas dormir. Je pense à toi.

Samedi 20 avril 1974

       Je dors mal, J’ai froid et je ne cesse de penser à toi. Comment as tu passé la nuit ? Où es tu ? A 6h je suis debout. La vitre est toute gelée. Je déjeune avec un chocolat bien chaud.

Je suis glacée même emmitouflée dans un duvet. 8h20 le soleil réchauffe l’altiplano. Tout est vapeur et cela donne au paysage une grandeur indéfinissable. Je vais couper du cactus mort en prévision de ce soir ; cela me réchauffe un peu. Je monte la tente toute seule car je ne veux pas repasser une autre nuit dans la voiture. Enfin la tente est montée je suis fière de moi. Je fais cela pour toi. Maintenant je m’attaque à la voiture. Je sors tout car tout est mouillé avec la condensation.

Il faut que je fasse des tas de va et vient pour aller chercher de l’eau jusqu'à la rivière. Les femmes me sourient mais ne parlent que leur idiome. Les échanges sont limités Je mange une demie pomme. Le soleil est quand même chaud; Je range, je lave un peu de linge, nettoie la voiture, je n’en vois pas la fin. 5h tout est net. Je fais du feu avec le cactus, me prépare des nouilles avec 2 pèches en dessert. Je regarde la croix du sud et je t’envoie un message. Je T’aime. Elle brille dans le ciel ; Puis j’éteins le feu et rentre sous la tente avec nos photos. Comment es tu ? Ou vas tu dormir. Je suis en souci pour toi. Il est 19h il fait nuit.

Dimanche 21 avril 1974

       Je passe une très mauvaise nuit mais j’ai eu un peu moins froid. Les chiens des maisons n’ont pas arrêté d’aboyer toute la nuit. La nuit, les problèmes paraissent toujours plus insurmontables.

       Il est 7 h, je déjeune J’ai mal aux bras du travail que j’ai fait hier toute la journée. J’écris le journal. Aujourd’hui il fait moins froid car le soleil chauffe déjà. Une voiture passe au loin sur la route, serais tu dedans ? Mon cœur bat, hélas elle file. Je vais me laver à la rivière et en profite pour faire ma dernière lessive ; Elle arrive à sécher au soleil.

      Aujourd’hui dimanche il y a un peu plus de circulation car c’est le marché à Tupiza. Enfin la circulation, c’est 2 cars et 3 camions. A chaque passage d’un véhicule tu n’es pas là. La journée est très longue quand on attend quelqu’un. J’essaie de lire mais n’arrive pas à me concentrer. Je me fais à manger avant la nuit. Le chef du village est venu me voir pour me demander si j’avais besoin de quelque chose.

      19h je suis couchée et je m’endors. il me semble que j’entends que tu m’appelles. C’est dans mon rêve ou est ce toi dehors ? Je sors de la tente avec la lampe, c’est bien toi. Tu es bien là, crevé, hébété, découragé tel un zombi. Tu as ramené de la viande, du pain, des fruits et bien sûr 2 ventilateurs.

      Tu commences à me raconter ton aventure de 3 jours pour faire 1000 Km aller et retour jusqu’en Argentine, les 37 Km à pied avec le gardien de lama, la neige et le froid quand vous êtes passé au col à 4000 m, le bonhomme qui est venu se coucher sur toi à l’hôtel dans la nuit parce qu’il était ivre mort, du voyage en car avec le petit de l’indienne sur les genoux et les bagages encombrants, les gens sympas qui t’on aidé à trouver les ventilateurs un samedi soir à Salta, avec une commission de presque un mois de salaire, de la persuasion et du petit mensonge qu’il à fallu raconter pour convaincre le chauffeur du car pour te ramener jusqu’à la frontière de la Bolivie , du douanier te voyant perdu et qui t’a offert un maté chaud à 6 h du matin , de la peur que tu as eu sur le dernier tronçon avec les 2 bonhommes qui ont fait office de taxiteurs.

       Tu me racontais tout cela en ayant presque l’impression d’avoir rêvé, quand pour clore ces 3 jours de folie des coups de feu sont tirés pas loin de notre tente. 2 types se battent pour une femme à coup de revolver. Le chef y met de l’ordre. On entend encore un peu crier et le "calme " revient avec les aboiements des chiens. Nous tombons plus de fatigue nerveuse que de sommeil……………..

Extrait du journal de bord :

Tenu par Jocelyne Porret durant le voyage de 12 mois en camping car à travers les Amériques, de septembre 1988 jusqu'en août 1989. Le trajet a été de 60000 km, d’Ushuaia ( Argentine ) jusqu’à Anchorage ( USA ) 10 pays traversés

Lundi 15 mai 1988

       Aujourd’hui nous arrivons à Quito capitale de l’équateur. Le temps est beau, le soleil est au RV. Nous prenons la direction du centre ville et débouchons sur une grande place où nous nous arrêtons pour essayer de nous repérer.

Nous cherchons l’ambassade de France pour avoir les visas pour la Colombie. Arrive un flic très tipé qui nous demande nos papiers, nous demande de nous garer plus loin. Nous suivons ses instructions. et devons attendre Cela ne sent pas bon. Finalement il nous dit qu’on ne pourra retirer le permis international que dans 24 h je ne sais pas où. Ca y est c’est le traquenard. Pourquoi n’avons nous pas donné nos copies! On descend et on lui dit qu’il n’a pas le droit de garder le permis. Il s’excite aussitôt et nous aussi. Il sort une bombe lacrymogène, ce qui n’est pas fait pour nous calmer. Claude va chercher la notre. La foule s’est peu à peu rapprochée et un chauffeur de taxi descend pour interpeller Claude et commencer à le molester. Le chauffeur veut mettre Claude de force dans le taxi. Nous commençons à prendre peur d’autant plus que la foule commence à s’en prendre à nous. Le flic lance un jet de la bombe lacrymogène à Claude. Claude Lui répond et l’asphyxie avec la sienne.

      Jean Paul demande de l’aide aux gens tout autour de nous. Je me fais insulter car il faut obéir aux policiers. Laurent prend une crise de peur et se met à pleurer. Nous prenons tous des jets de bombe qui nous font pleurer. On monte dans le camion et voulons démarrer. La seule rue que nous pouvons prendre est petite et en pente, mais aussitôt une camionnette nous bloque le passage. Des hommes prennent des tournevis voulant crever les pneus. Coincés avec cette foule hostile qui tape contre le camion et nous invective nous avons vraiment peur de nous faire lyncher.

      Claude démarre malgré la foule et nous faisons quelques mètres en accrochant la voiture qui nous barrait le passage

      Dans la petite ruelle une voiture de flics arrive et nous bloque. La foule tout autour de nous est de plus en plus agressive. Antenne et rétro sont pliés Les flics aussi veulent crever les pneus. Nous sommes au paroxysme de l’impuissance et de la peur. Laurent devient inconsolable. D’autres flics arrivent et nous essayons de leur faire entendre raison et surtout de nous leur demandons de nous emmener à l’ambassade de France. Même les femmes nous insultent. Les flics demandent à Claude de descendre du camion. Pas question, nous voulons des gens sûrs et non des flicallions fous en uniforme. Nous sommes bloqués dans le camping car.

      Un couple de français s’approche de ma vitre et demande si il faut appeler l’ambassade. Ouf ! enfin un espoir. Nous leur disons que oui et ils partent aussitôt. Ils sont courageux car au milieu de ces fous ça pourrait être dangereux. Claude garde les mains sur le volant pour pas que ses gestes soient mal interprétés ; une balle est si vite arrivée. Pendant ce temps un autre flic demande de nouveau à Claude de descendre du camion. Un gradé arrive et me demande ce qu’il se passe. Je lui explique. Claude monte dans une voiture de police et lui dans le camping car. Il parle un peu le français et va suivre un cours de 11 mois à Lyon dans une école de police. Quel heureux hasard. Je lui explique, le flic indigène responsable de tout ce problème essaye d’intervenir.

      Le gradé lui ordonne de se taire. Le chef de la police met en route le Camping car et nous suivons la voiture de la patrouille escorté par des motards. Il semble que tout peut s’arranger sauf qu’il faudra payer la réparation de la camionnette. On part on ne sait où. On s’arrête, on repart, encore des conciliabules. Nous allons avec le CC devant l’ambassade de France. Un gendarme français nous reçoit, ils ont été mis au courant par le jeune couple. Pour éviter un procès, l’ambassade nous conseille de payer le pare chocs de la camionnette, 1200 Fr.

      Une fois à l’ambassade nous sommes un peu plus tranquilles. Moi je ne dis rien aux enfants mais je suis en souci pour Claude. Va savoir où est ce qu’ils l’emmènent.

      Claude nous racontera plus tard qu’une fois dans la voiture, le flic lui a dit de ne pas bouger sinon il lui collait une balle dans la tête. Puis comme à la radio de la police il y a des commentaires nous concernant " ne pas avoir d’ennuis avec l’ambassade de France et les français ". Claude a entendu à la radio de la police que nous étions arrivés à l’ambassade.

      Cette fameuse radio n’arrête pas de communiquer « attention nous ne voulons pas de problèmes avec les français ». Le flic devient alors tout doux et dit à Claude qu’il va arranger les choses mais qu’il faudra lui payer un sandwich et une bière. Claude doit lui refiler 2000 sucre environ 5 dollars. Quel enfoiré.

      Merci beaucoup à ces jeunes gens que malheureusement nous ne connaîtrons pas mais qui ont été d’un grand secours dans notre aventure.

      Nous avons appris par la suite par un personne des services secrets français que

      F Miterant allait venir en visite ici et c’est pour cela que personne ne voulait de bavure.

      Le colonel des services français nous a dit de prendre cela comme une anecdote de plus à raconter, mais sur le moment ce n’est pas très agréable à vivre

Mardi 16 mai

Le voyage et l’aventure continue ………………………………….

Extrait du journal de bord :

Tenu par Jocelyne Porret durant le voyage de 12 mois en camping car à travers les Amériques, de septembre 1988 jusqu'en août 1989. Le trajet a été de 60000 km, d’Ushuaia ( Argentine ) jusqu’à Anchorage ( USA ) 10 pays traversés

Lundi 19 février 1989

       Nous ne nous levons pas très tôt aujourd’hui car nous sommes crevés. La piste d’hier était dégueu. Vers 10 h nous rangeons le camping car et partons sur la route de Cushamen. Cuchamen est le nom d’un village qui n’existe pas. C’est plutôt le territoire des indiens Mapuche, au Nord de la province du Chubut, à 400Km d’Esquel. Il faut prononcer Mapoutché.

      Nous roulons depuis 47 km depuis El Maiten pour rejoindre la petite maison de sœur Marinette qui est perdue au milieu du campo. Cette sœur qui s’occupe des indiens nous à été recommandée par des amis.

      Il n’y a pas grand chose entre la route de pierre et les collines étroites. Le paysage est oppressant. Soudain après 2 heures de route le canyon s’élargit. Devant nous apparaît une grande plaine avec des collines. Nous cherchons la maison de cette sœur. Nous trouvons la bicoque et rencontrons cette sœur des pauvres. Elle est divine. Petite bonne femme très énergique qui n’a rien d’une religieuse. Mais ne dit-on pas que l’habit ne fait pas le moine. Elle a 65 / 66 ans et vit dans un petit 2 pièces très modeste. Un fourneau à bois, une table et des bancs. Une bougie pour s’éclairer, avec la bouteille comme bougeoir. Ici nous sommes loin de tout. Pas d’électricité ni de choses superficielles. Que le strict nécessaire. Les WC, c’est une cabane en bois un peu plus loin dans le fond de la cour. Sœur Marinette vit ici depuis 19 ans et a commencé par être institutrice dans une école de fortune où les petits indiens Mapuche venaient passer la semaine. Le soir après la classe, ils devaient aller chercher des bouses sèches de vache pour faire du feu. L’hiver ici dans la cordillère il y a beaucoup de neige et il fait très froid.

      Je me rappelle dans le premier voyage dans le sud de l’Argentine en 1974, nous avions fait un soir des grillades sur un feu de bois humide et de bouses de vache lors d’un campement. Je sens encore le goût acre de la fumée du mélange des deux.

      Sa vie, elle l’a passé en marchant des km et des km au milieu de la cordillère sauvage et inhospitalière, par tous les temps pour visiter ses ouailles. Nous discutons avec elle parce que nous voulons aller voir le " camaruco " des Mapuche. Le camaruco est la fête des indiens pour que les pluies arrivent et que les récoltes soient bonnes. Elle nous donne un mot pour le cacique Fiorentino Naheulquir, le chef de la communauté des indiens. Venant de la part de Marinette, le chef devrait nous recevoir. Nous parcourons encore une trentaine de km de désolation avant d’arriver vers le chef. C’est un indien de forte corpulence, un peu réticent avec les blancs. Faut- il lui en vouloir ? Je pense que les blancs qui les ont exproprié ne sont pas tous des saints. Et en plus prochainement l’Argentine vote pour élire son nouveau président. Ils sont aussi manipulés par les péroniste pour les élections. Ceci engendre encore une plus grande méfiance envers les étrangers.

      Le chef dit à Claude d’aller voir son frère Valentino car c’est lui le chef religieux de la cérémonie de demain. Nous continuons à nous enfoncer encore un peu plus à l’intérieur des terres. Depuis environ 70 km ce n’est vraiment qu’un chemin de terre. Nous ne pouvons même pas appeler cela une piste. A mi -chemin ce ne sont que des traces de chevaux. Claude laisse le camping car et part à pied avec Laurent. Ils font bien 2 km pour rencontrer le chef de la cérémonie. Il est là en dehors de sa maison, buvant le maté à l’abri du vent.

      Il a le visage buriné et cuivré des indiens des USA que l’on voit dans des films. Il a 90 ans et c’est son fils qui répond à Claude. La discussion est assez simple. Ils ne sont pas chauds pour que nous assistions à la cérémonie demain. En plus il y une femme qui ne veut pas parce que nous sommes blancs. Demain matin ils nous donneront la réponse pour savoir si oui ou non nous pouvons assister à la cérémonie. On retourne chez le cacique pour essayer de la convaincre.

      Sur le chemin du retour nous croisons des charrettes à bœufs, environ 10 attelages, qui se rendent vers le centre de la cérémonie. Les roues sont en bois plein. Nous pensons croiser les rois mérovingiens sur des couvertures. Les hommes sont à cheval à coté de la charrette. Les femmes et les enfants en bas age sont assis dans la charrette au milieu d’un bric à brac pour le campement des 4 jours de cérémonie. Claude demande au chef si nous pouvons les filmer. Il se retourne vers Claude : la réponse sèche tranchante tombe sans appel. Il n’est pas question de filmer " ni de prés ni de loin " leur rassemblement. D’ailleurs il ne veut pas de blancs à la cérémonie de demain. Sœur Marinette s’interpose en lui disant que Valentino doit nous donner une réponse demain. Peut être que Claude aura la possibilité d’aller saluer les anciens demain à midi. Sœur Marinette veut retourner sur place pour reconnaître là où aura lieu la cérémonie de demain. Nous faisons environs 6 km, à travers les collines à pied, en suivant Marinette qui à le pied leste et rapide. Nous voyons toujours les charrettes qui viennent se mettre en cercle autour de l’aire sacrée. Nous nous mettons avec le camping car dans un coin pour ne pas gêner, à environ 100 m en arrière du cercle. Sœur Marinette nous laisse et nous retrouvera demain.

      Pendant le repas, Claude nous raconte l’anecdote qui lui est arrivée. Chez le cacique il y avait des gens pour l’organisation et les préparatifs de la cérémonie. Une personne souffrait d’un orgelet. Une fille demanda à Claude son alliance. Elle la magnétisa en faisant des signes et une prière. Elle la passa plusieurs fois sur la paupière du malade en appuyant très fort. Il paraît que cette fille est guérisseuse. Est ce une curandera ( guérisseuse ) ou une Bruja ( sorcière ) ? Malheureusement nous ne saurons jamais si la personne a été guérie.        Ce qui est assez extraordinaire, c’est de retrouver à 15000 Km de l’argentine, cette même croyance, en Bretagne avec la même finalité. De l’or, du magnétisme, de la croyance et vous arrivez à supprimer l’orgelet.

      Il est 22 h lorsque nous avons fini de souper. Le soleil se couche. Toutes les collines qui nous entourent sont rouges. Les couchers de soleil en Patagonie sont toujours des tableaux fantastiques. Le soleil, les nuages, le vent inventent de nouvelles couleurs chaque crépuscule. Nous discutons avec les enfants comme chaque soir. Ce soir le sujet c’est les indiens, les Mapuche, le déroulement du camaruco ( de la fête).

      Le départ de la cérémonie est donnée le matin au lever du soleil. Il y a 4 cavaliers aux 4 points cardinaux qui attendent que le soleil se lève. Ensuite ils descendent des collines en criant pour saluer le soleil. Les autres dansent et chantent à cheval en tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre brandissant leur propre drapeau et celui de l’Argentine dans un nuage de poussière. Certains jouent de la trutruja, sorte de grand cor des alpes comme nous pouvons en trouver en suisse allemanique. Nous étions dans nos explications de la fête quand par la fenêtre nous voyons arriver 6 à 8 cavaliers, lances en main, se dirigeant vers le camping car. Ils s’arrêtent devant la fenêtre. Claude descend du camion pour voir ce qu’ils veulent. Les cavaliers l’entourent.

      Quel dommage qu’il n’y ai pas eu la possibilité de filmer cette scène directement sortie d’une production Hollywoodienne des plus classiques des films de cow boy. Le soleil en demi-teinte, les indiens se découpent très bien sur les sommets des collines qui virent tout doucement au sombre. Le tableau prend encore une plus grande ampleur. L’irréel est proche. L’an 2000 est très près et je pense que nous vivons malgré tout un grand moment dans le décalage du temps.

       Peut être pour garder la distance ils ne descendent pas du cheval. C’est sûr que c’est plus imposant de toiser une personne en la regardant de haut, et venant à 8 on se sent plus fort. Il y a encore des cavaliers qui sont restés à distance. Le fameux frère ( un peu con sur les bords ) dit à Claude de se reculer du centre de la cérémonie. Il faut que l’on parte plus loin parce que cela gène. Sûrement les esprits. Vieux con, il est vraiment abject dans sa façon de nous traiter. Sûrement nous apportons de mauvaises influences. Et si la pluie ne venait pas et que cela soit de notre faute. Quel drame pour l’Argentine ! ! ! Nous repartons à environ 400m du "réhué " centre de l’aire sacrée. Les cavaliers repartent comme ils sont venus c’est à dire sans bruit. Nous prenons une tisane en relatant notre journée très riche en événements. L’aventure c’est de changer son quotidien, là je pense que le changement est total. La nuit est calme, pas un bruit peut être est-on épié. Nous regardons la croix du sud, comme tous les soirs. Le ciel de Patagonie est vraiment superbe. Nous pensons à Courrier sud, Vol de nuit de Saint Ex. 23 h extinction des feux.

Lundi 20 février 1989

4h20 les cris des indiens nous réveillent, le soleil se lève sur une autre journée sûrement très riche ……….

3 jours plus tard nous aurons la pluie sur les pistes ; faut-il croire aux incantations des Mapuche. En nous faisant reculer de 400 m nous avons peut être sauvé les récoltes de l’Argentine ! ! !

Extrait du journal de bord :

tenu par Jocelyne Porret durant le voyage de 11 mois en camping car à travers les Amériques, de septembre 1988 jusqu'en août 1989. Le trajet a été de 60000 km, d’Ushuaia ( Argentine ) jusqu’à Anchorage ( USA ) 10 pays traversés

Dimanche 2 avril 1989


       Il fait très froid en revenant des douches publiques.

       Ce matin préparations, marché pour les provisions, contrôle d’ El pitchi, nom donné au camping car, renseignement pour l’état de la piste pour Moquégua. Claude va demander des infos sur l’état des routes auprès des chauffeurs de bus, de poids lourds, qui viennent de Moquégua, pour connaître l’état des 2 pistes entre Puno et Moquégua.

       En Amérique du sud il faut 3 ou 5 informations pour recouper le vrai du faux. Les personnes sont tellement gentilles et ne voulant pas passer pour des ignorantes, elles vous donnent des informations parfois fantaisistes. Et lorsque le chauffeur vous dit la route n’est pas mauvaise, c’est qu’elle est dégeu. S' il vous répond elle est mauvaise, c’est que un champ de labour n’est rien à coté. Ils ne parlent pas en Km, mais en heure de trajet. La piste cela veut tout dire et rien dire. Il y a des pistes où vous pouvez rouler à plus de 100 Kmh, même avec le camping car, et il y a des pistes où à 5 l’heure dans la boue ou dans un lit de rivière vous n’avancez pas. Rappelons que le lac Titicaca est à 3800 m d’altitude. C’est le lac navigable le plus haut du monde.

       Avec ces renseignements, il n’y a pas Chamonix Météo ni bison futé, nous prenons la piste la plus courte et soit disant la meilleure. Nous partons avec la pluie et la neige.

       Après 10 Km de goudron à la sortie de Puno, nous attaquons la piste de terre. Il y a de la boue et des ornières impressionnantes, creusées par les 35 T des camions boliviens.

       En plus nous devons passer un col à plus de 4400 m d’altitude. Le camion est poussif suite à la réparation faite à Trelew. Voir récit de Rio Gallégo. Claude a fait régler l’arrivée d’air par un garagiste car l’altitude et le manque d’oxygène n’arrangent rien.

       Nous nous plantons une première fois. Marche arrière pour ressortir du trou. Nous n’avons pas des pneus pour la boue, nous en avons pour la piste avec des cailloux. Une fois que les dessins sont remplis de boue les pneus deviennent des savonnettes.

       Après le 3éme " plantage ", nous mettons les chaînes. A chaque passage pénible c’est un peu l’angoisse. Nous ressortons du 7 ème ou 10 ème enlisement en poussant le Ccar.

       Plus loin il faut encore pousser, mais heureusement il y a un car d’autochtones. Lors des passages difficiles, les gens descendent du car et poussent pour l’aider à sortir de la boue. Pour nous pousser, ils sont une vingtaine d’hommes et Claude a l’impression que El Pitchi 2 a beaucoup plus de puissance.

       Il est 13H 20. On s arrête pour manger. Claude est fatigué de faire tant d’efforts à plus de 4000 m. De refaire et de combler les trous de la piste à la pelle, c’est épuisant. Nous dînons rapidement. Le temps est gris et la pluie s’arrête.

       Maintenant que nous sommes montés, il faut redescendre. La descente est plus que dangereuse. La piste est détrempée, parfois la " route" est coupée par une tranchée comblée par des pierres. Mais à coté c’est le précipice. Le derrière du Ccar à tendance à vouloir passer devant, même à 2 Km à l’heure. Cette fois la glissade est plus forte, mais le Ccar est resté sur la piste. Ouf !. La tension est assez grande dans la cellule.

       Devant nous il y a un premier tronçon d’environ 50 m qui est un marigot. Des trous de 80 cm à 1 m de profond. Claude descend et évalue la situation. Il décide de passer sur le coté pour éviter ce bourbier. On s’engage. La terre et l’herbe sont gorgées d’eau. Les roues arrières gauches, glissent sur l’herbe. Le camion s’enfonce inexorablement et sous la roue engluée, l’eau remonte. Le dessous du camion sert d’assise sur la boue. Ca y est-on est enlisé.

       Claude à fait ce qu’il ne fallait pas faire. Quel que soit l’état de la piste il faut rester bien sagement dessus. Si vous êtes enlisés vous bouchez le passage et ceux qui viennent derrière sont obligés de vous pousser. La, dans ce cas, le car et un autre camion sont passés sans s’occuper de nous.

      Claude va s’escrimer à creuser pour mettre le cric. Il faut d’abord creuser, transporter des pierres et ensuite mettre une planche. Dans la boue ce n’est pas facile. Il dégage la roue de la boue. C’est le cric qui s’enfonce et non le camion qui remonte. En plus il pleut et il grêle. Par moment Claude est à bout de force. L’altitude, la fatigue lui donnent des nausées. Un peu de coramine.

      La nuit est tombée. Claude épuisé abandonne le travail en vue de redresser le Ccar. Le plus gênant c’est l’inclinaison de 30°. Les assiettes glissent sur la table.

      Un bruit de camion, nous sortons tous pour rassurer le chauffeur. Ici sur ce tronçon les routiers boliviens ne sont pas les bienvenus, ils se font aussi attaquer par des voleurs. Entre le Pérou et la Bolivie ce n’est pas le grand amour depuis la guerre du pacifique. La Bolivie revendique le passage entre le nord du Chili et le sud du Pérou pour l’accès à l’océan.

      Le chauffeur trouve une excuse vaseuse qu’il n’a pas de câble pour tracter le Ccar. Il repart. Le dernier car de Moquéqua / Puno passe.

      Les gens descendent. Les personnes du car essayent de nous aider Mais rien ne bouge.

      Cela les fait rire. Mais comme ils parlent en Quechua ou en Aymara, dialecte de l’altiplano bolivien, nous ne pouvons pas participer à la rigolade. En plus nous n’avons pas le cœur à cela.

      Il y en a même un des voyageurs qui a glissé et qui est tombé dans l’eau. Le voyage n’est pas terminé pour lui. Il a encore 4 à 5 heures de voyage jusqu'à Puno avec les fesses mouillées.

      Nous nous retrouvons seuls sur cet altiplano hostile. Nous n’avons pas faim. Je cuis un peu de lama et des pommes de terre. La neige tombe. Pour bien dormir un bon thé au whisky.

      Par précaution Claude a vidé le radiateur du moteur car il fait froid et on a peur qu’il gèle.

Lundi 3 avril 1989


       La nuit est abominable. Nous nous sommes couchés à l’oblique, ce qui fait que nous avons tendance à descendre vers le fond. Nous avons couché tous les 4 ensemble pour ne pas avoir froid.

       Dans la nuit il passe 3 bus et 4 camions. A chaque passage, il y a arrêt du véhicule. Les gens descendent, inspectent les traces et repartent en passant à tous chevaux les difficultés. Sur le matin ça se calme.

       A 6h tout le monde se lève. On a tous des courbatures dues à cette mauvaise position. Aujourd’hui on a de la chance il fait beau et le soleil ne tarde pas à réchauffer l’air. Nous sommes dans notre solitude altiplaniènne. Claude retourne à ses efforts inhumains pour dégager le dessous du camion. Intermède pour le petit déjeuner. Claude retourne s’escrimer contre la boue sans grand résultat autre que celui de s’épuiser. Je dois lui donner 2 coramine.

       Un camion arrive. Nous l’arrêtons et lui demandons de nous sortir de là moyennant de l’argent. Il est d’accord. Il se met en position mais après une demi-heure de bagarre, il renonce car son câble n’est pas assez solide.

       3 camions boliviens arrivent. C’est peut être notre chance. Ce n’est pas facile de les convaincre, car il y a de la tension contre les chauffeurs boliviens sur ce morceau de terre péruvienne. Avec la somme que Claude offre à un, celui-ci ne peut plus trop réfléchir. L’équivalant de presque un mois de salaire s'il nous sort de là.

       Le chauffeur passe l’endroit boueux, met le camion en position pour nous tirer. Là aussi il faut plusieurs essais. Le camion est plus puissant que le 1er camion, et le câble est plus gros. Je filme la scène avec la caméra. Tout d’un coup je vois dans l’œilleton de la caméra que el Pitchi démarre, je ne sais pas comment et avec l’aide du camion bolivien, il s’arrache de la boue. Par contre à un moment j’ai cru que El Pitchi allait verser tant il a basculé lors du tirage. Dans l’œil de la caméra cela a été très long de le voir sortir de l’ornière.

       Ouf ! enfin il est dehors. On est heureux mais il y a des dégâts. 1 roue crevée, le réservoir de 150 l de gasoil arraché et la barre de direction tordue. Le gasoil coule à gros jet.

      Claude a filé jusqu’au replat un peu plus loin pour réparer. Il paye le chauffeur de ses efforts qui est tout heureux de la somme. Ils repartent très vite car ils ont peur de l’orage. C’est encourageant pour le reste de la journée. Il est midi quand tout est terminé. Le temps est mitigé et le vent coupe le visage. Claude et Jean Paul changent le pneu. Ils démontent le bas de la caisse du Ccar pour atteindre la fuite du gasoil. On dîne pour que Claude et Jean Paul se reposent un peu. Avec l’altitude et le froid ils sont fatigués. Je range la vaisselle et Laurent parcourt le campo pour trouver des os pour en faire des soldats d’un jeu d’échec. Jean Paul et Claude remettent en place dans son berceau le réservoir de gasoil, avec un bâton qui fait levier et des pierres pour le coincer. Cela sert de regarder Mac Gayver à la télé.

       Le camion est remonté. A 400 m de notre enlisement un autre passage boueux sur une longueur de 100 m, un champ de mines. 2 poids lourds ont essayé de se croiser et tous les 2 sont enlisés. Les chauffeurs des 2 camions plus les gens de 2 bus devront décharger les 2 camions. Il faut voir le ballet de fourmis qui déchargent les sacs de farine et les autres qui empierrent le chemin.

       Je rappelle Laurent car il commence à faire très froid. Jean Paul et Claude rentrent aussi ils sont gelés. Claude est las et ne se sent pas bien. Il se repose un peu, j’écris le journal. Nous avons tous froid et avons gardé nos anoraks. On fait un tour vers les camions enlisés pour prendre des nouvelles du déchargement. Nous nous faisons charrier " gringo par-ci, gringo par-là ".

      Nous retournons au Ccar pour préparer le repas. Ivres de fatigue nous nous couchons. Il est 7 h du soir.

      Dehors nous entendons des bruits de moteur. A peine 1 heure de repos que des gens passent crient et tapent contre le camping car. On ne comprend pas. Peu de temps après ce sont des femmes qui passent et qui tapent aussi. Après ¼ d’heure rebelote. Claude sort dans la cabine et demande ce qu’ils veulent. En fait c’est qu’ils sont allés chercher quelques mètres plus loin derrière nous, un camion bolivien qui avait fait demi-tour lorsqu’il avait vu les 2 camions embourbés. Le problème est que les routiers boliviens qui empruntent cette route, et pour éviter des voyages, chargent les camions au-delà du possible et défoncent les pistes de ce tronçon. Autrement dit-il n’y a pas d’entraide entre eux, mais surtout des griefs. Donc ce routier Bolivien, devant les autres camions embourbés a préféré faire marche arrière et se cacher derrière la montée qu’il venait de passer. Mais les gens du bus qui attendaient et surtout les femmes ont pris des pierres et sont allés trouver ce chauffeur pour qu’il vienne sortir les camions enlisés. C’est pour cela qu’arrivés à notre hauteur ils tapaient contre le Ccar pour que nous allumions nos phares. Ce que nous faisons tout de suite.

      Ils arriveront à sortir le camion de droite et aussitôt refaire la chaîne pour recharger le semi-remorque des sacs.

      Le camion repart. Derrière les gens refont la route. Claude parle avec des Péruviens qui attentent pour passer. Ceux ci lui conseillent de passer ce soir car si nous restons coincés, il y a de la main d’œuvre pour pousser.

      Un chauffeur nous demande un morceau de pain car cela fait 3 jours qu’il est sur cette route infecte et il n’a plus de provisions.

      Les véhicules passent un à un. Le passage est pourri et c’est à grand coup de glissades, de manœuvres, qu’il faut passer sans s’embourber.

      Claude décide de passer et prend comme repaire la camionnette qui était devant nous. Jean Paul et moi assis derrière, emmitouflés dans les duvets, suivons à la lueur des phares le spectacle hallucinant de notre itinéraire. Tout d’abord il faut passer a coté du semi couché, sur un terrain mouvant malgré les pierres jetées dans les ornières. El Pitchi danse tantôt sur une roue, tantôt sur une autre, en soulevant toutes les affaires dans les placards. Nous avons l’impression que le Ccar flotte par moment au-dessus de ce bourbier et quand il retombe nous raclons la terre et les pierres avec le bas de la caisse. Tant pis nous passons.

      Nous continuons à suivre le chemin tracé par les phares de la camionnette. La piste n’est tout d’abord que des gros trous remplis d’eau. Puis c’est un terrain mouvant de terre glaise et de tourbe. Cela tient du salaire de la peur. A tout moment nous avons peur que quelque chose casse à cause des secousses pour esquiver un trou et tomber dans un autre. Dans les phares nous attendons une route meilleure, mais à chaque fois c’est pire encore. C’est dire que nous sommes contractés. Claude lui ne pense qu’avec le camion. Mais a un passage particulièrement plus accidenté et une terre semblable à un marécage, c’est l’arrêt brutal. Malgré les marches avant et les marches arrière nous restons bloqués. Les roues arrières gauches sont tombées dans un trou.

      Un camion arrive derrière nous. Il s’arrête et éteint ses phares. C’est le camion Bolivien de tout à l’heure. Il ne bouge pas. Claude va voir le chauffeur et lui dit « vous pouvez me pousser ». Il ne veut pas. « Cela ne fait rien si vous ne nous poussez pas vous ne pouvez pas nous dépasser et nous allons passer la nuit ici » Enfin ce qui reste de la nuit. Le chauffeur est alors d'accord à une condition que nous le laissions passer devant. Ok ça marche.

      Pendant que Claude négociait avec le chauffeur, cela a duré plus de 20 mn, Jean Paul et moi sommes témoins d’un fait extraordinaire.

       Plantons le décor. Une route de l’altiplano déserte et en pleine nuit, pas d’agglomérations importantes, les véhicules qui nous précédaient sont loin depuis un moment sur notre gauche. Sur notre droite, en haut d’une montagne, 2 gros points lumineux s’éclairent et s’éteignent. Un des 2 points est plus important et dans un petit rayon, monte vers le sommet de la montagne à gauche, en bas à droite, s’intensifie, en projecteur puis s’éteint. Aucun autochtone use de lampe électrique ( piles humide, piles très chères ) dans cette campagne. Et vu la distance qui nous sépare de cette luminosité, il faudrait une bonne puissance à cette lampe pour éclairer de cette façon. Alors sommes-nous devant ces lumières dont parlent les indiens dans les campagnes, celles des âmes des ancêtres ? Je ne sais pas, mais c’est pour le moins étrange.

       Le camion se colle contre la cellule. Claude met un pneu pour amortir le choc. Les 2 moteurs ronronnent à l’unisson pour sortir El Pitchi 2 du trou. Comme convenu nous laissons passer le camion, une fois dégagés.

      Il n’y a plus personne derrière nous. Claude cherche un morceau de piste un peu plus large et plate pour garer le Ccar. Il veut rester dans la cabine afin de surveiller le passage d’un éventuel camion pour ne pas qu’il nous rentre dedans. Il est une heure du matin. Laurent dort depuis un bon moment. Jean Paul et moi allons nous coucher.

Mardi 4 avril 1989


      Claude vient se coucher car tout est désert et cela ne sert plus à rien qu’il reste assis dans la cabine. Demain encore une rude journée nous attend.

      On dort mal car le Ccar est un peu en pente mais moins qu’hier au soir. Nous avons couché de nouveau tous les 4 en bas pour ne pas avoir froid 6 h, 2 camions passent. 7 h je fais lever tout le monde. Il faut profiter de rouler pendant la journée. La nuit tombe tôt ver 18 heure. Nous sommes sur une terre glaise kaki, il y a de la brume, tout cela est sinistre.

      Claude et Jean Paul doivent encore réparer 2 ou 3 trucs avant de partir. Je demande à Claude de chaîner. Il préfère voir comment cela se présente. Nous quittons la piste glissante et tombons dans la boue et les ornières. Il faut slalomer entre les trous pour ne pas s’embourber de nouveau. Cela dure jusqu'à un pseudo village de 4 habitations en pisé ou en torchis. A la sortie de ces 4 maisons c’est un vrai bourbier. Nous évitons des grands trous pleins d’eau au milieu de la piste. Cette fois ci nous resterons en plein milieu de la route. Pas question d’aller faire passer El Pitchi, ne serait ce que vingt centimètres sur le coté de la partie en principe stabilisée. Il est très difficile de conduire le Ccar. Il part en luge. Nous attendons qu’il s’arrête. La barre de direction tordue met les roues à l’intérieur du véhicule. On dirait qu’il louche.

      Nous arrivons vers un pont de pierre naturel qui enjambe la rivière. Jean Paul aperçoit la première vizcache, sorte de chinchilla en guet sur un rocher, sa queue au panache en pompon repliée. Elle nettoie sa fourrure. Laurent lui nous montre un jet d’eau fin qui sort d’une pierre au milieu du rio. On dirait un petit geyser. Nous contemplons des oiseaux d’un beau jaune et bleu. Dommage il fait gris brumeux. Le soleil essaye de percer.

      Nous repartons et avons droit à une longue montée. Le Ccar est poussif et a de la peine à grimper. Le soleil se dégage. Nous en profitons pour admirer au passage les couleurs de la montagne. Les pentes sont colorées en rouge, en jaune ocre et vert. Nous sommes toujours secoués et quand tout retombe, nous entendons les couverts, boites, etc, qui tintent en se remettant en place.

      Au point culminant nous faisons une halte pour laisser reposer le moteur, rebrancher des tuyaux et remettre le pot d’échappement en place. Au loin nous apercevons le pic enneigé Tiscani à 5325 m. Nous sommes toujours à 4200 m. Dans le contrebas de très grands troupeaux d’alpacas, paissent gardés par 2 bergers. Le soleil chauffe et nettoie les dernières traînées de brume.

      Nous redescendons toujours dans les mauvaises conditions de terrain. En bas de la descente une plaine gorgée d’eau nous attend. La route est coupée par un torrent d’eau qui descend de la montagne. Il faut vérifier la hauteur de l’eau, la stabilité du terrain, le meilleur endroit pour passer et la sortie de l’autre coté. Dans cette plaine il faut avancer le plus souvent en biais, à cheval entre les trous, sur peu de terre et beaucoup d’eau, en faisant bien attention de ne pas patiner. Nous ne sommes qu’à 123 Km de Puno. Nous arrivons au pied d’une montée abrupte avec une route en lacets. Une rivière croise la route. Jean Paul met les bottes et va sonder la hauteur de l’eau et l’état du terrain inondé. Claude débranche le filtre à air. Laurent et moi sortons pour guider Claude. El Pitchi barbotte gentiment dans l’eau, patine un peu, et passe gentiment sans accident. Les prochaines vacances nous allons faire le Sahara. Là bas il n’y aura pas d’eau.

      Nous 3 allons monter à pied. Claude conduira le Ccar jusqu’en haut de la côte. Nous entendons les efforts du moteur. Nous voyons aussi un panache de fumée noire à chaque sollicitation de Claude sur le moteur. Nous craignions plusieurs fois l’arrêt total. Claude utilise les démarrages par à-coups pour gagner cm par cm sur la montée. Le jeu consiste à accélérer à fond et lâcher l’embrayage d’un coup sec. El Pitchi monte parfois de 1 m. Nous avons rejoint le camion avant la fin de la montée. Malgré notre fatigue et notre halètement à cause de l’altitude, nous allons pousser le Ccar sur les derniers mètres.

      Ca y est nous sommes au sommet. Nous avons la vue panoramique sur la vallée infernale. A droite le volcan El Chorro, d’après la carte, et un peu en retrait le mont Tiscani. Nous sommes à 4800 m d’altitude. A notre niveau et tout autour de nous, un désert sableux

      Claude est épuisé par ces nuits sans sommeil, ces jours sans repos et les terribles efforts de concentration de conduite. Avec Jean Paul nous sommes heureux d’avoir vaincu la vallée infernale. Pour Laurent, du haut des ses 10 ans et demi, c’est de jouer dans la nature. Il s’est fabriqué un " boleadoras " avec une mâchoire de chulengo, petit du guanaco, qu’il a peint. En bon naturaliste il va découvrir les vizcaches curieuses mais craintives.

      Le ciel se couvre un orage gronde et des éclairs zèbrent au loin. Nous allons peut être échapper à celui là.

      Après des Km arides nous surplombons une série de vallons. Ce nouvel aspect de l’itinéraire n’est pas pour nous mettre en confiance.

      Nous n’avons que 10 litres de gasoil en réserve et la jauge est dans le rouge. Notre incident nous à fait perdre des litres de gasoil. En attendant d’épuiser les 10 litres, nous continuons. Notre route est un véritable cordon qui ceinture chaque gros vallon.

      Enfin au bout de nos peines, nous arrivons à Tirata. Nous descendons par une belle route ouverte depuis peu, qui va être goudronnée prochainement. Dans 10 ans peut être.

      A Tirata nous n’échappons pas au contrôle de police. Le flic est sympa et vend un faux billet de 1000 inti à Claude.

      Nous sommes à 20 mn de Moquegua La route est goudronnée, Un bruit comme un sifflement se fait entendre. Diagnostic c’est le pneu avant droit qui frotte. La barre de direction est vraiment tordue. Nous ferons le restant de la route avec ce bruit. Sur la piste le bruit des cailloux et l’eau couvraient le bruit du frottement.

      Puis c’est la panne sèche. Nous mettons nos 10 litres de réserve pour arriver à l’entrée de Moquégua. Nous nous arrêtons devant une station de lavage et de graissage.

      Nous savourons enfin une nuit de repos réparateur, de la halte sereine. Nous sommes à 1500 m d’altitude. Il fait doux.

      Nous avons fait 266 Km en 3 jours. Ouf ! La vallée infernale est bien loin derrière nous.

Mercredi 5 avril 1989
Le voyage continue après les réparations de El Pitchi, D’autres aventures nous attendent ! ! ! !

Matériels et équipements

Véhicule

Camping car : qui démarre n’importe où à 4500 m comme à moins 20 m d’altitude.


Porteur Toyota
4x4 ( sans capucine à voir ) couleur claire
ventilateur moteur débrayable
moteur simple sans électronique
klaxon puissant
prise d’air snorkel Outback import 04 42 29 26 16
pare buffle
crochets d’attache pour tirer le véhicule avant / arrière
protection sous la boite, barre de direction et le pont arrière
protection des phares avant et arrières
protection du radiateur
3 batteries avec séparateur dont une pour la cellule
2 roues de rechange sur l’arrière de la cellule
sécurité sur les portes de cabine
siéges en tissu
galerie solide sur le toit sur l’avant ( pour le bois )
2 jerricanes sur le toit
capacité 160 l de gaz oïl ( autonomie de 1000 Km )
1 réservoir supplémentaire
porte pour faire le plein des deux réservoirs d’essence


Matèriel à emporter

Camping :


Tente
Sac à dos
Lampe frontale
Table et chaises pour l’extérieur
coussins
Duvet double
Douche solaire
Corde de montagne
Produit contre les insectes
Bougie anti moustiques
Allumettes / briquets
Micropur pour l’eau
Défense
Pêche
Recherche

Matériel de cuisine :


Thermos
Assiettes en papier, gobelets
Assiettes, verres, bols en plastique
Couteaux, fourchettes, ouvre boite, tire bouchon
Casseroles poignées démontables, poêle téfal
Boite plastique, film plastique alimentaire
Cafetière + filtres
Sacs de congélation avec Zip
Sacs poubelle / sac plastique
Petite planche à découper
Entonnoir plastique
Cuvette plastique / seau
Plastiques pour glaçons
4 bloc de froid
Allume feu, charbon de bois
Grille pour assado

Réserves :


Réserve alimentaire pour une autonomie de minimum 20 jours

Conserves, petits pois, haricots, maïs ( pas dans du verre car cela fuit )
Pâté en boite, sardines
Pâtes, riz, semoule
Terrine, foie gras
Roshti, petites patates
Biscuits, plaque de chocolat
Café en poudre, Chocolat en poudre
Sucre en morceau
Lait en poudre
Fromage
Eau / Anthésite

Chaussures :


Chaussures de marche
Basquets
Claquettes
Bottes
Chaussures de ville

Vêtements :


Sous vêtements été / hiver
Chaussettes, socquettes
Chapeaux, casquettes
Pyjamas
pulls été / hivers
Survêtements
Jeans, shorts
Anorak, blousons, polaires
Tenue de ville
Lunettes de rechange
Lunettes de soleil type montagne
K Way

Produits entretien :


Produit vaisselle
Liquide Cif
Monsieur propre
Sopalin
Serpillière
Eponges vaisselle
Lessive mains
Brosses
Balayette / pelle
Corde et pinces à linge
Produits WC Aqua Kem
Carré éponge

Produits toilette :


Trousse de toilette
Savons / savonnettes
Gel douche
Shampoing
Brosses à dents / dentifrice
Rasoirs / mousse à raser
Déodorant
Parfum
PQ
Lingettes corps et visage
Boite de kleenex
Bâtonnets oreilles

Pharmacie


Thermomètre et appareil de TA
Maux de têtes / rhume : aspirine, doliprane, efferalgan, aspégic, fervex
Collyres : naaxa, uveline
Otites : Polydexa
Voies respiratores : vick inhalateur, locabiotal, P HEC, Rinutan
Gorge : eludril, collutoire, oroseptol, lysopaine, oropivalone
Bronches : vick baume, sirop humex
Foie / estomac : vogaléne, nautamine, cophytol, eucol, librax
Polisilane, Intestins : immodium, intétrix, ultra levure, quinocarbine
Polyvitamines : vit C, calcium effervessant, mag 2
Contusions : arnica homéopatique, hémoclar, osmogel
Coup de soleil : crémes solaires, biafine, lénidermyl crème
Brûlures :Pommade
Piqures d’insectes : Bombe, crèmes,citronnelle, eurax, apaisil
Pommades cicatrisante : Madécassol, élase
Pommade anti mycosique : fazol
Dermatose : Mycolog, permanganate de potasium
Pommade anti inflamatoire : Algésal, percutalgine, nifluril, voltaréne
Allergies : Polaramine, celestamine
Paludisme : Nivaquine
Stimulant cardiaque : Coramine glucose
Piqûres serpent et bestioles : Pompe à venin , héparine, soludécadron, anticoagulant

Vaccination :

Fièvre jaune
Fièvre typhoïde
Rage , à vérifier
Méningite A et B, à vérifier
DTP

Divers : Couverture de survie, seringues, aiguilles, trousse d’urgence , clips ombilicaux, bistouris jetables, fils, doigtiers jetables, compresse, coton, pansements urgo, sparadrap, Alcool, Syntol, biogaze, stéri strip, coheban, héxomédine, bétadine, pulvérisateur d’eau.



Papiers :


Permis international
Permis de conduire national
Carte grise
Assurance du camion
Passeport
Livret de famille
Carnet de santé et de vaccination
Carte de groupe sanguin
Factures du matériel
Carnet d’entretien du camion
Copie des passeports
Copie d’autres papiers
Cartes visas

Guide :


Guide de chaque pays
Brésil
Bolivie
Pérou
Chili
Argentine
Cartes détaillées
"Atlas des rutas de américa del sur "
Livre de cuisine française
Carte de France et du monde pour les écoles
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